Montpellier : “Qu'est-ce que je fais ici ?”, elles témoignent après leur 1ère année de médecine

Hanae et Lolie, deux étudiantes passées par une première année de médecine à Montpellier, témoignent - octobre 2017 / © France 3 LR
Hanae et Lolie, deux étudiantes passées par une première année de médecine à Montpellier, témoignent - octobre 2017 / © France 3 LR

L'université de Montpellier est l'une des plus difficilement accessibles avec 19% de réussite au concours à l'issue de la 1ère année (ou PACES). On n'en sort souvent pas indemne. C'est le cas de Hanae et Lolie. Témoignages.

Par Z.Soullami avec P.Arisa

Hanae et Lolie, deux étudiantes passées par une première année de médecine à Montpellier, témoignent.

Cruelle première année de médecine


A la fac de médecine, la première année commune des études de santé (PACES) est particulèrement convoitée mais aussi particulièrement semée d'embuches avec une sélection par classement... très cruelle.
 

Un reportage de Pascaline Arisa et Valérie Banabera
La galère des étudiants en première année de médecine
La première année de médecine reste une épreuve très douloureuse pour les étudiants. Exemple avec Hanaé et Lolie à la nouvelle faculté de Montpellier qui a ouvert en septembre 2017. - France 3 LR - P.Arisa et V.Banabera

"Je connais pleins de filles qui ont abandonné"


Le bac S en poche, Hanaé embrassait l'idée de devenir sage femme. La première année de médecine a dévié sa route vers la kinésithérapie.

"Quand on passe de la Terminale en PACES, ça n'a rien à voir. On a trois fois plus de travail, même plus. C'est très difficile. (...) Je connais pleins de filles qui ont abandonné. Elles n'en pouvaient plus. Elles ont donné tout ce qu'elles pouvaient et elle sont arrivées limite à la fin du classement. C'est super décevant. On travaille à fond et on n'a pas de résultat.", explique Lolie.


Lolie a aussi un Bac S. Elle souhaite devenir pharmacienne et vient de redoubler sa première année de médecine.

"En rentrant chez moi, je me mettais à pleurer"​


"Le matin, je me levais à 6h00, et à partir de 7h00 je commençais à travailler avec une pause d'une heure maxi à midi. Et des petites pauses de 10 minutes si ça ne va pas du tout. Et on finissait à 23h00, minuit. Et pour certains 2h00, 3h00 du matin., Tous les soirs en rentrant chez moi, je me mettais à pleurer, en me disant "Quest-ce que je fais ici ? Pourquoi ? Est-ce que c'est vraiment ce que je veux faire ? lance Hanaé.

"Tout pour empêcher les autres de réussir ce concours"


"J'en venais à douter de moi-même, à me dire "purée mais t'es nulle !" Comment tu travailles autant de temps et tu n'y arrives pas ?" Il y a beaucoup d'insultes entre les doublants et les primants. Tout pour empêcher les autres de réussir ce concours. C'est une compétition." poursuit Hanaé.

1.000 étudiants ont lâché prise au bout d'un mois


Les étudiants de première année doivent apprendre par coeur une année entière de biochimie en 4 mois. Les cours sont souvent dispensés par vidéo. Et pour avoir plus de chances de réuissir, les étudiants ont la possibilité de faire une année de prépa.
L'an dernier, sur 4.000 étudiants en PACES, 1.000 ont lâché prise un mois après le début de l'année. Et seuls les 200 premiers passent en médecine, les 100 suivants en dentaire, puis c'est au tour des sages femmes, kinés, pharmaciens jusqu'au 1.000 ème du concours.

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