Le film d’Abdellatif Kechiche, tourné à Sète, présenté à la Mostra de Venise

Le réalisateur Abdellatif Kechiche en compagnie des acteurs du films Mektoub my love - 7 septembre 2017 / © Maxppp/ Maria Laura Antonelli
Le réalisateur Abdellatif Kechiche en compagnie des acteurs du films Mektoub my love - 7 septembre 2017 / © Maxppp/ Maria Laura Antonelli

La 74ème édition de la Mostra de Venise a démarré le 30 août et s’achève le 9 septembre. Le film Mektoub, my love d’Abdellatif Kechiche, tourné à Sète, dans l’Hérault y a été dévoilé ce jeudi 7 septembre.

Par JM avec AFP

Le tournage avait débuté dans le plus grand des secrets en octobre dernier à Sète. A cette époque, on savait juste qu'un Sétois, un chat persan, avait été pris comme figurant pour le film.
 


Ce jeudi, le film Mektoub my love a été dévoilé à la Mostra de Venise.
 

Un tournage situé à Sète


C'est l'été dans la ville portuaire de Sète et la caméra très baladeuse décortique des jeunes étudiantes en vacances, toutes en mini-shorts, robes courtes moulantes ou maillots de bain. Et toutes très réceptives à la "drague" appuyée des jeunes hommes du coin d'origine tunisienne.

Un regard très masculin qui a choqué certaines spectatrices pointant l'absence de gros plans sur l'arrière-train des interprètes masculins. "Il n'y a rien de machiste dans mon approche, je décris plutôt des femmes fortes, puissantes et libres", s'est défendu Kechiche. "On entre dans un film ou pas".

Synopsis


Amin, joué par l'acteur débutant Shaïn Boumédine, un jeune homme doux qui rêve de devenir réalisateur, revient dans sa ville natale, Sète. Il y retrouve ses amis d'enfance, observe le monde sexué qui l'entoure et devient le confident amoureux des jeunes femmes en peine. L'aspirant cinéaste attend sans aucun doute que le "destin" lui fasse rencontrer l'amour, mais en attendant il prend des photos pour nourrir son inspiration créative.


J'ai voulu donner à ce film un ton impressionniste, qu'on en sorte avec légèreté


C’est ce qu’explique Kechiche.

On retrouve dans un rôle secondaire l'actrice Hafsia Herzi, qui avait percé à 18 ans avec "La Graine et le mulet" (2007) du même auteur. "La plupart des acteurs apparaissent pour la première fois à l'écran", s'émerveille le réalisateur, dont la marque de fabrique reste ses dialogues naturalistes ("il a grave changé").

L'action, qui se passe au début des années 90, laisse transparaître un univers complètement dénué des tensions culturelles et religieuses qui alimentent aujourd'hui l'actualité française.

"Cette époque que je décris est réelle. Je crois qu'avant le début de ce siècle, les gens vivaient de façon plus harmonieuse, jusqu'à ce que les temps changent", a commenté le cinéaste franco-tunisien de 56 ans, qui a grandi dans un quartier ouvrier de Nice.

Dans une note d'intention de film, il est néanmoins plus explicite: "il y a une fissure dans la société, il est nécessaire de comprendre son origine. La France n'est pas un pays de race blanche, c'est une nation multiculturelle et multireligieuse".


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