Les électeurs fançais ont boudé les urnes et le soleil n'est probablement pas la seule raison qui les a éloigné des bureaux de vote. Ce second tour des élections législatives est marqué par un fort taux d'abstention : 57,36% au niveau national.

Dans l'ex région Midi-Pyrénées, plusieurs communes ont battu des records ; c'est le cas notamment en Haute-Garonne à Saint-Jory (63%), à Gourdan-Polignan (60%), en Ariège, à Lavelanet (62%) ou encore dans les Hautes-Pyrénées à Tarbes dans les deux circonscriptions (60 et 61%) ainsi qu'à Decazeville dans l'Aveyron (74%) mais dans la deuxième circonscription de l'Aveyron, le second tour était joué d'avance puisque André At (LR) s'était désisté après le premier tour laissant Anne Blanc (LREM) seule candidate en lice.


A Gourdan-Polignan, petite commune de Haute-Garonne on a enregistré ce dimanche soir un triste record : 60,56% d'abstention pour ce second tour des élections législatives. 
Pourtant, il y avait bien un enjeu : c'était la seule circonscription du département où le Parti Socialiste pouvait sauver un siège. Joël Aviragnet (PS) opposé à Michel Montsarrat de La République En Marche s'est imposé tout juste avec seulement 91 voix de plus que son adversaire.


On s'est ennuyé, il y a eu des moments très très longs!


Dans ce village de 1200 habitants, le bureau de vote fermait à 18 heures. Sur les 956 inscrits, 377 personnes seulement se sont déplacées.
A 19 heures, le dépouillement était terminé et le public n'était pas très nombreux c'est le moins que l'on puisse dire. Deux personnes sont venues assister à l'ouverture des enveloppes.
Le maire de Gourdan-Polignan (SE) le reconnaît :"on s'est ennuyé hier, il y a eu des moments très très longs".
Pour Patrick Saulneron, c'est exceptionnel, cela traduit "le désaveu des gens sur la politique", les citoyens "n'ont plus d'espoir", "beaucoup de gens ne sont pas allés voter car cela ne changera rien à leur avenir."

Lors des précédentes élections législatives l'abstention flirtait avec les 40 % (en 2002 et 2007) et en 2012, le taux est passé à 47 % d'abstention, cette année, un cap a donc été franchi on dépasse désormais les 60%.
Le maire de Gourdan Polignan a été élu en 2014 mais il semble déjà convaincu de la difficulté du mandat qu'il a choisi : "les dotations de l'état en baisse pour les communes (...) sur chaque projet il faut se battre!". Il note que le manque d'espoir se fait sentir un peu plus à chaque élection, "on nous promet à chaque fois beaucoup de choses mais il ne se passe rien". 

 

A Lavelanet, en Ariège, le maire n'est pas plus optimiste. Dans cette commune de 6 245 habitants (4 756 électeurs inscrits), l'abstention a atteint 62,59 %, dimanche 18 juin, pour le second tour des législatives. 

Je suis surpris par ce désengagement total de la vie publique



"Le soleil n'est pas le seul responsable", affirme Marc Sanchez, maire sans étiquette de Lavelanet. "Je n'ai pas d'explication mais je suis surpris par ce désengagement total de la vie publique. Certains électeurs m'ont dit qu'ils ne votaient pas car le vote blanc n'était pas pris en compte. Mais je crois que c'est surtout une lassitude pour ces élections, depuis les primaires". Pour ce second tour, les électeurs de Lavelanet devaient choisir entre Bénédicte Taurine (LFI) et Jérôme Azéma (LREM).

Marc Sanchez, qui se dit déçu et désolé, pense également que les candidats, peu connus, n'ont pas suscité l'engouement. "Lavelanet a subi une crise extraordinairement grave et le mal est enraciné. Mais personnellement, je trouve vraiment dommage de ne pas assumer ce droit de vote qui est un acte citoyen. Le vote blanc est une sanction, ne pas voter n'en est pas une."
Et Marc Sanchez de conclure : "Je suis très inquiet..."