Catalogne : 28 ans après sa mort, la surréaliste exhumation de Dali à Figueres

Figuères (Espagne) - le tombeau de Dali dans son musée - 2017. / © F3 LR J.LOpez
Figuères (Espagne) - le tombeau de Dali dans son musée - 2017. / © F3 LR J.LOpez

La tombe de l'artiste surréaliste espagnol Salvador Dali doit être rouverte ce jeudi soir, 28 ans après sa mort, pour déterminer s'il a, ou non, une descendance. Pilar Abel, une cartomancienne espagnole de 61 ans assure être le fruit d'une brève liaison dans leur village natal de Figueras.

Par Fabrice Dubault

Gros battage médiatique ce matin devant le Musée Dali de Figueres


Sur cette photo, Narcis Bardalet est avec la presse espagnole.
C'est lui qui a embaumé Dali en 1989. Il assistera en tant qu'observateur ce soir à partir de 20h, à l'exhumation de Dali.

Figueres (Espagne) - Narcis Bardalet est avec la presse espagnole, devant le musée Dali - 20 juillet 2017. / © F3 LR J.Lopez
Figueres (Espagne) - Narcis Bardalet est avec la presse espagnole, devant le musée Dali - 20 juillet 2017. / © F3 LR J.Lopez

Il espère retrouver le corps du peintre en bon état de conservation avec les fameuses moustache orientées à 10h10 comme le voulait l'artiste surréaliste catalan.
Selon lui, il sera nécessaire de prélever des morceaux de dents et de moelle osseuse dans un tibia ou le péroné.
En espérant que le formol n'a pas altéré les cellules d'ADN.

Figueres (Espagne) : le corps de Dali exhumé 28 ans après sa mort pour des tests ADN
La tombe de l'artiste surréaliste espagnol Salvador Dali doit être rouverte ce jeudi soir, 28 ans après sa mort, pour déterminer s'il a, ou non, une descendance. Pilar Abel, une cartomancienne espagnole de 61 ans assure être le fruit d'une brève liaison dans leur village natal de Figueres. - F3 LR - Reportage : J.Lopez et X.Armengaud

28 ans après sa mort, la surréaliste exhumation de Dali


L'exhumation du fantasque peintre a été ordonnée fin juin par la justice, après la demande en reconnaissance de paternité déposée par Pilar Abel, 61 ans, qui affirme que sa mère, une employée de maison, l'avait rencontré chez des amis du peintre, à Portlligat, dans le nord-est de l'Espagne.

A 20h, une fois tous les touristes partis, des experts retireront la dalle de plus d'une tonne située dans la crypte abritant le tombeau de Dali, sous la coupole géante du Théâtre-Musée Dali de Figueras, pour prélever un extrait d'ADN de l'artiste.
Le prélèvement se fera directement dans la tombe, sur "des restes osseux et/ou des pièces dentaires", selon le document judiciaire ordonnant l'exhumation.

Il devra ensuite être transmis à l'Institut de toxicologie de Madrid où Pilar Abel a déjà déposé un échantillon de salive. La réponse prendra quelques semaines, selon Enrique Blanquez, l'avocat commis d'office de la plaignante.

Le site sera fermé au public et aux journalistes. Selon le journal barcelonais La Vanguardia, la coupole du musée sera recouverte de toiles opaques pour éviter que des photos soient prises à l'aide de drones.
Les détails de l'exhumation seront dévoilés vendredi à 8H00, par la fondation Dali, qui gère le théâtre-musée, lors d'une conférence de presse.
L'exhumation était initialement prévue à 9h30 du matin, mais le musée, principale attraction touristique de cette petite ville catalane avec plus de 1,1 million de visiteurs en 2016, souhaitait que ses horaires d'ouverture au public soient respectés.

"C'est la première fois qu'il nous arrive une chose pareille", a déclaré à l'AFP une porte-parole de la Fondation Dali, qui gère le musée.


La Fondation Dali avait déposé un recours contre l'exhumation, mais le délai était "trop juste" pour donner le temps à toutes les parties de présenter leurs arguments et permettre à la justice de trancher, a expliqué une source judiciaire.

Du coup, sauf "surprise administrative ou logistique" de dernière minute, la dépouille de Dali sera bien exhumée, a expliqué cette source.

Dix ans de lutte


"Je veux juste connaître la vérité. Je suis très positive, très contente", a confié mercredi Pilar Abel, qui est née et a grandi à Figueras, la ville où Dali est né en 1904 et mort en 1989, à des journalistes dans un hôtel de Madrid.
Pilar Abel assure lutter depuis dix ans pour obtenir cette reconnaissance et avoir déjà réalisé trois tests ADN, dont les résultats ne lui sont pas parvenus.

Si les tests prouvaient sa filiation, elle pourrait réclamer sa part de l'héritage de Dali, au minimun 25% selon son avocat, bien qu'elle martèle mener ces procédures avant tout pour "connaître (s)on identité".
L'Etat espagnol est le propriétaire des oeuvres de Dali. Si l'ADN est positif, Pilar Abel pourrait prétendre à une partie de l'héritage estimé à 300 millions d'€uros.

Mais si les tests s'avéraient négatifs, "nous continuerons à nous battre!", a-t-elle lancé, sûre d'elle.

Ses détracteurs ont souligné des lacunes et des contradictions dans son récit des événements.
Elle et son avocat assurent disposer de témoignages autres que ceux de la mère et la grand-mère de Pilar Abel, sans les dévoiler précisément.
Dali a vécu ses dernières années retiré dans son château de Pubol avec sa compagne Gala, morte en 1982, avec laquelle il n'a pas eu d'enfant.

"Dali aimait sa femme, mais il l'aimait sans avoir de rapports, cétait un voyeur, je dirais. C'est pour cela que nous, les gens de Figueras, nous pensons que c'est très difficile qu'il ait pu avoir un enfant", a déclaré à l'AFP TV une habitante de Figueras, Lidia, qui assure avoir connu Dali à l'âge de 13 ans.

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