Cocaïne volée au “36” : peine maximale de 10 ans de prison requise contre l'ex-policier perpignanais

L'officier de police de Perpignan Jonathan Guyot, à droite, pendant l'audience. Il est poursuivit avec neuf autres personnes pour le vol de plus de 50 kilos de cocaïne commis en juillet 2014, au 36 Quai des Orfèvres à Paris, dans les locaux de la direction régionale de Police Judiciaire de Paris.
 / © Benoit PEYRUCQ / AFP
L'officier de police de Perpignan Jonathan Guyot, à droite, pendant l'audience. Il est poursuivit avec neuf autres personnes pour le vol de plus de 50 kilos de cocaïne commis en juillet 2014, au 36 Quai des Orfèvres à Paris, dans les locaux de la direction régionale de Police Judiciaire de Paris. / © Benoit PEYRUCQ / AFP

Non pas "grand flic", mais "grand trafiquant" : le parquet a requis, mercredi, la peine maximale de dix ans de prison contre l'ancien policier de Perpignan Jonathan Guyot. Il est accusé du vol de 48 kg de cocaïne dans les scellés de la police judiciaire en juillet 2014.

Par Z.S. avec AFP

Dix ans de prison ont été requis, mercredi, contre l'ancien policier perpignanais Jonathan Guyot, accusé du vol de 48 kg de cocaïne dans les scellés de la police judiciaire en juillet 2014.

Des faits "on ne peut plus graves"


Les faits sont "on ne peut plus graves", "et je pèse mes mots", a souligné la procureur Aglaë Fradois, au terme d'un réquisitoire à deux voix de plus de quatre heures. Une confiscation des biens saisis et une interdiction définitive d'exercer le métier de policier ont également été requis contre le policier, qui a d'ores et déjà été révoqué, selon son avocat.

52 kg de cocaïne


Selon la magistrate, le policier de la brigade des stupéfiants a sorti du prestigieux 36, quai des Orfèvres à Paris la cocaïne (52 kg, emballage compris) au moins en trois fois, la dernière dans la nuit du 24 au 25 juillet 2014. Dans sa démonstration, la magistrate s'est notamment appuyée sur une note, une feuille de compte, retrouvée dans le sac à dos de Jonathan Guyot avec 16.000 euros, lors de son interpellation le 2 août 2014 à Perpignan, ville dont il est originaire.

Une affaire qui a fait trembler le "36"


La procureur a critiqué la défense d'abord "délirante", voire "complotiste", puis procédurière, "éminemment factice, fabriquée de toutes pièces" de Jonathan Guyot qui, après plus de deux ans d'enquête et six demi-journées d'audience, "persiste à nier les faits", "à nier la réalité" dans cette affaire qui avait fait trembler le "36".

L'ex-policier de Perpignan chargé par son informateur


Le parquet a en outre requis cinq ans de prison et une confiscation des biens et comptes saisis pendant l'enquête contre le seul autre prévenu qui comparaît détenu, Farid Kharraki. Cet homme de 35 ans a reconnu avoir trouvé à Jonathan Guyot un "intermédiaire" pour écouler la marchandise volée. Pendant l'enquête, il n'avait reconnu que du trafic de cannabis avec Jonathan Guyot. A l'audience, il a créé la surprise en accusant le policier d'avoir "sorti" la cocaïne, affirmant avoir trouvé un "intermédiaire" pour l'écouler. Il a, dit-il, touché 200.000 euros.

Il a entraîné avec lui plusieurs de ses proches


En début d'audience mercredi, ce prévenu haut en couleur a lancé à l'adresse des conseils de l'ancien brigadier des stups : "Il est six pieds sous terre le client, il a qu'à plaider la folie!" "Mais vous savez pas qu'il est cuit votre client?" Dans sa "dynamique de toute-puissance", a souligné la procureur Fradois, Jonathan Guyot, 36 ans, a entraîné plusieurs de ses proches: son épouse, son frère cadet, également policier, et deux amis d'enfance, chez qui il avait caché de l'argent. Trois mois de prison avec sursis ont été requis contre eux. "Pour protéger Jonathan Guyot", qui leur avait assuré qu'il gardait cet argent pour le compte d'un indicateur, ils ont été "prêts à se sacrifier", a souligné la procureur Annabelle Philippe.

"L'escroc des stars" Rocancourt impliqué


Dans cette affaire hors norme, où de l'argent a été caché dans le lac de Créteil, avait même fait irruption "l'escroc des stars" Christophe Rocancourt. Voisin de cellule de Jonathan Guyot, il avait voulu, sous couvert de le faire fructifier, mettre la main sur une partie de l'argent. Le parquet a requis contre Rocancourt, qui n'était pas présent au procès mais représenté par son avocat, 150 jours amende à 100 euros, qui s'ils ne sont pas payés se transforment en emprisonnement.

Jugement attendu ce vendredi


Contre les autres prévenus, le parquet a requis des peines allant d'une amende de 5.000 à 7.000 euros à une peine de trois ans de prison. Le procès se poursuit jeudi avec les plaidoiries de la défense. Le tribunal devrait rendre son jugement vendredi.

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