Moissac renoue avec son passé en honorant ses “Justes”

Les enfants devant la maison de Moissac  / © CDJC (Centre de documentation juive contemporaine), Mémorial de la Shoah
Les enfants devant la maison de Moissac / © CDJC (Centre de documentation juive contemporaine), Mémorial de la Shoah

Les 27 et 28 avril prochain, la ville de Moissac va mettre à l'honneur ses "Justes parmi les Nations" qui ont sauvé des enfants juifs pendant la seconde guerre mondiale. Un passé méconnu que la ville veut révéler au plus grand nombre.

Par Delphine Gérard avec Fabrice Valéry

Pendant la guerre, Moissac (Tarn-et-Garonne) a été le théâtre d’une véritable opération de sauvetage d’enfants juifs. De 1939 à 1943, la maison des enfants de Moissac, située au 18 quai du port, au bord du Tarn, a abrité de nombreux enfants juifs français et étrangers, fuyant les persécutions nazies. La maison fut ouverte en décembre 1939 par les éclaireurs israélites de France.

Dans la ville, tous les habitants se souviennent de ce qu’ils appelaient eux «la colonie». De ces enfants, chantant, jouant dans les rues, sur les berges. A Moissac, tout le monde savait qui ils étaient, et personne n’a parlé. A l’époque tout le monde connait aussi les responsables de la maison : Bouli et Shatta Simon.
Grâce à leur courage et leur force de caractère, ils ont réussi à protéger les enfants de l’atrocité. Tout en gardant, à l’intérieur, un climat protecteur et familial, pour ces enfants, devenus presque tous orphelins après la guerre.
L’action de Shatta et Bouli Simon n’aurait été efficace sans la complicité de nombreux moissagais, qui non seulement ont gardé le silence, et qui ont pour certains été jusqu’à prêté leurs identités pour permettre de faire de faux-papiers aux juifs réfugiés.

DIAPORAMA : les documents photographiques de la maison des enfants de Moissac [Crédit : CDJC (Centre de documentation juive contemporaine), Mémorial de la Shoah]
En 1943, sentant le danger venir, Shatta Simon décide d’évacuer la maison et d’organiser le «planquing» des enfants. Ils sont dispersés dans la campagne française, chacun de leur côté, avec de faux-papiers, où ils resteront cachés jusqu’à la fin de la guerre. Ce planquing se fait avec la complicité de la «sixième», organisme résistant, créé par les éclaireurs juifs français. Le premier vendredi après la libération, ils se retrouveront à Moissac, comme ils se l’étaient promis. Sur les 500 enfants passés dans la maison, tous ont survécu à la guerre.

En 2003, la place devant la maison des enfants est inaugurée : elle porte le nom de Shatta et Bouli Simon.

Samedi 27 et dimanche 28 avril, les anciens enfants de la maison se retrouvent pour deux jours de débats et de souvenirs.
Le samedi 27 à 19h, France 3 Midi-Pyrénées sera en direct de Moissac pour un 19/20 exceptionnel.

Un film documentaire a été tourné sur cette histoire,
il est disponible sur un site de téléchargement (lien payant).

Enfin un blog présente l'ensemble de cette histoire et relaiera tous les événements du week-end des 27 et 28 avril.

Les "Justes parmi les Nations" de Moissac

Quatre Moissagais reconnus "Justes parmi les Nations" :

  • Manuel Darrac :  il était secrétaire de mairie. Il a été l’artisan d’un véritable atelier de fabrication de fausses cartes pour les enfants de la maison.
  • Alice Pelous : elle était l’assistante de Manuel Darrac à la mairie. Elle fabriquait avec lui de fausses cartes d’alimentation et d’identité pour les enfants de la maison.
  • Jean Gainard : il était charbonnier à Moissac. Il a caché des enfants et donné son identité à certains responsables de la maison.
  • Henriette Ducom : elle a donné son identité à Elisabeth Hirsch, lui permettant ainsi de faire sortir de nombreux enfants des camps de Gurs et de Rivesaltes.

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