Castres : le combat d'un entrepreneur contre le Ministère de l'Ecologie pour faire reconnaître son invention

© Ecobang
© Ecobang

Une entreprise de Castres vient d'être récompensée pour avoir créé un système qui réduit drastiquement les volumes de déchets liquides grâce à l'évaporation. Problème, l'Etat refuse d'homologuer ce système, malgré le soutien des acteurs de la filière.

Par Yann Lagarde

C’est une invention rudimentaire, juste un ventilateur à placer au-dessus d’une cuve ; de la physique-chimie basique et un procédé tout simple : l’évaporation de l’eau.

Pourtant, Ecobang pourrait changer beaucoup de choses dans l’agro-industrie et transformer les centaines d’hectolitres de liquides polluants et d'eaux usées en résidus secs..

Moins de polluants, ce sont des économies sur les coûts de stockage et les coûts de transport.

A l'origine de cette invention, la société Vento-Sol, basée à Castres, spécialiste dans la gestion des effluents phytosanitaires, industriels et artisanaux.
Le dispositif Ecobang a été récompensé aux Trophées de l'Innovation Tech et Bio, organisé par la Chambre d'Agriculture de la Gironde.

Une reconnaissance salutaire pour ce système qui n'est pourtant pas agréé par le ministère de l'Ecologie.

Un conflit avec le ministère de l’Ecologie

Nicola Vento, l’entrepreneur à l’origine du projet, est en conflit avec le ministère de l’Ecologie depuis plus d'un an, au sujet des autorisations administratives nécessaires au développement de son projet. Il a ouvert une procédure devant le tribunal administratif contre le ministère, en mai 2015.  

L'entrepreneur, "qui travaille dans son garage et fabrique lui-même tout le système", reproche au ministère une mauvaise interprétation de l’arrêté du 12 septembre 2006, et particulièrement de l'article 8.

Le ministère interdit en effet la commercialisation de ce système, craignant que les résidus issus de l'évaporation soient utilisées pour l'épandage.
Or, Ecobang a signé une convention avec Adivalor,une société qui collecte et détruit ces déchets.

Malgré cet accord, impossible pour le moment de mettre ce système sur le marché, même si l’Institut Français de la Vigne et du Vin l'a recommandé. 

Une situation absurde puisque de plus en plus de professionnels acceptent ce système, malgré le non-aval du gouvernement.

En résumé, les autorités demandent à l'entrepreneur d'obtenir une homologation dont il n'a, en réalité, pas besoin.

Dernier coup de théâtre, le Conseil d'Etat a demandé le 6 juillet, aux ministères de l'Agriculture, de l'Environnement et de la Santé, d'abroger cet arrêté (pour d’autres raisons), qui était la seule justification légale pour cette interdiction. 

L’entrepreneur, qui déplore l'opacité et le manque de réactivité des autorités, demande aujourd’hui que le ministère reconnaisse son erreur devant les acteurs du monde agricole.

Il réclame aussi des dommages et intérêts pour ne pas avoir pu vendre son système pendant des années, ainsi que des subventions. Le député du Tarn, Philippe Folliot, s'est étonné de cette situation absurde et a posé la question sur le site de l'assemblée nationale.
Il n'y a pour le moment pas de réponse.

 

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