RATP : Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour “ favoritisme ”

Un grave incident voyageur perturbe actuellement le trafic sur la ligne A du RER francilien. / © France3 IDF
Un grave incident voyageur perturbe actuellement le trafic sur la ligne A du RER francilien. / © France3 IDF

Suite à une plainte déposée par le syndicat SAT RATP, la justice a décidé d'enquêter sur le renouvellement des rames du RER A. Pierre Mongin, président de la RATP, est visé pour des faits de "favoritisme". Explications. 

Par Pôle internet

L'affaire débute en avril 2009 lorsque la RATP et l'entreprise de Patrick Kron (Alstom), associée en partie à la multinationale canadienne (Bombardier), concluent un accord pour la livraison de 65 trains sur la ligne du RER A.  

    Marche forcée ?  

Trois ans après, la Cour des Comptes a enquêté sur les conditions de l'attribution de ce marché. Elle épingle sévèrement la RATP à travers un rapport - qui n'a pas été rendu public - mais dont Le Monde a dévoilé des éléments. D'après la juridiction financière, la commande n'a tout simplement pas permis de faire jouer "ouvertement la concurrence". Pour cause, la RATP a visiblement dû aller vite, très vite, afin de répondre à la promesse présidentielle de Nicolas Sarkozy de renouvellement des rames, et aux multiples critiques concernant la qualité du réseau francilien.

Son PDG, Pierre Mongin, choisit alors de commander "un matériel aussi proche que possible" des trains déjà en service sur la ligne, construits par le groupement Alstom-Bombardier, explique la Cour des Comptes. Cette commande a permis à Alstom de faire des propositions très rapidement, et ainsi être clairement " favorisé ". A noter qu'aucun autre industriel n'a présenté d'offre alternative.

Second point troublant de l'affaire, la dissimulation du prix réel des rames par la direction de la RATP au conseil d'administration. Selon la Cour des Comptes, les dirigeants de l'entreprise ont diffusé "des coûts prévisionnels très inférieurs à l'estimation réelle", et ce "en toute connaissance de cause". Par conséquent, « le bas niveau de l’estimation » a pu « contribuer à dissuader les industriels autres qu’Alstom-Bombardier de déposer une offre », estime la Cour, ce qui a faussé les règles de la concurrence. "Cette absence de concurrence, continuent les sages, largement prévisible, n'a pas été propice à l'obtention de conditions financières favorables à la RATP". D'où un surcoût de 190 millions d'euros.

    Ouverture d'une enquête préliminaire 

Le vendredi 19 avril, le syndicat SAT RATP décide de porter plainte contre Pierre Mongin, patron de la RATP et Gilles Carrez, député UMP et administrateurs du Stif à l'époque des faits. Cette plainte a finalement abouti, d'après lepoint.fr, à l'ouverture par le parquet à une enquête préliminaire pour "favoritisme".


>> Voir le reportage de Bruno Lopez

enquête RATP




Suite à la diffusion de cet article, la RATP a tenu à réagir. Voilà sa réponse :

"La plainte déposée par un ancien agent de la RATP et le syndicat SAT est totalement infondée. C’est la raison pour laquelle la RATP et son PDG ont déposé plainte pour dénonciation calomnieuse, plainte qui a été enregistrée au Parquet de Paris. Il est normal que le Parquet donne suite à la plainte de la RATP en examinant le sujet dans sa globalité."

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