L’histoire de la prison de la Santé

La prison de la Santé est située dans l’est du quartier du Montparnasse du 14e arrondissement de Paris, au 42, rue de la Santé. / © FRANCOIS GUILLOT / AFP
La prison de la Santé est située dans l’est du quartier du Montparnasse du 14e arrondissement de Paris, au 42, rue de la Santé. / © FRANCOIS GUILLOT / AFP

Les derniers prisonniers de la Santé ont quitté la maison d’arrêt parisienne dimanche 20 juillet 2014 pour laisser place aux travaux de rénovation de la mythique prison située dans le XIVème arrondissement. Retour sur l’histoire de cet établissement de ses célèbres détenus.

Par Mathilde Riou

Construite entre 1861 et 1867 par l'architecte Joseph Auguste Émile Vaudremer, la prison est située sur le site d’un ancien « marché aux Charbons » dans l’est du quartier du Montparnasse du 14e arrondissement de Paris, au 42, rue de la Santé. La maison d’arrêt remplace le couvent des Madelonnettes qui fut transformé en prison à la Révolution.

La prison sera partiellement fermée jusqu'en 2019 afin d'être réhabilitée, le centre de semi-liberté qui accueille 80 personnes sera pendant ce temps maintenu en fonctionnement. La modernisation de cet établissement mythique du XIXe siècle fait partie des grands chantiers pénitentiaires lancés par Christiane Taubira pour plus de 800 millions d'euros, avec les Baumettes à Marseille et Fleury-Mérogis dans l'Essonne.

La Santé, qui présente un état de "vétusté avancé", selon le ministère de la Justice, sera donc remise à neuf, mais les contours exacts des travaux dont elle bénéficiera n'ont pour l'heure pas été dévoilés. "L'idée est d'offrir davantage de dignité aux détenus en conservant la proximité humaine d'un établissement implanté au cœur de la ville", explique-t-on à la Chancellerie. "

Plusieurs blocs de la maison d'arrêt avaient été fermés dès 2006 en raison de leur insalubrité. "Les gens se prenaient des bouts de plafond sur la tête", témoigne François Bès, coordinateur pour l'Ile-de-France de l'Observatoire international des prisons (OIP).
"C'était dans un tel état de décrépitude qu'il fallait absolument rénover", ajoute-t-il, évoquant, entre autres, l'entassement de certains détenus, à trois voire quatre par cellule et la chaleur, l'été, de cellules situées dans les derniers étages.

La prison de la Santé est la dernière prison intra-muros de Paris. Les autres prisons importantes (toutes catégories confondues) dépendant de Paris se situent à Poissy, Fleury-Mérogis, Fresnes et Melun. Des observateurs du monde pénitentiaire, qui déplorent les contacts moins fréquents entre personnels et détenus dans les prisons modernes, espèrent que la rénovation de cette maison d'arrêt ne se fera pas au détriment de son "âme". La Santé bénéficie d’une bonne réputation dans le milieu carcéral, décrite comme un établissement à échelle humaine où les relations entre personnel et détenus sont apaisées.

Cette prison est célèbre pour son quartier VIP


Dans les années 60
  • Lieutenant-colonel Jean-Marie Bastien-Thiry (attentat du Petit-Clamart contre le président de Gaulle, en 1962)
  • Maurice Challe (tentative de coup d'Etat contre la gouvernement français de Charles de Gaulle, putsch des généraux)
Dans les années 90
  • Pierre Botton
  • Yvan Colonna (pour l'assassinat de Claude Érignac)
  • Maurice Papon
  • Bernard Tapie
  • Jean-Christophe Mitterrand
Dans les années 2000
  • Antonio Ferrara (braquage de fourgon blindé, évasion)
  • Carlos (Ilich Ramírez Sánchez)
  • Jérôme Kerviel
  • Xavier Niel, un mois en détention provisoire avec mandat de dépôt pour « recel d'abus de biens sociaux » en 2004 (au « carré VIP », dans l'ancienne cellule d'Alfred Sirven)
  • Élie Yaffa plus connu sous le nom de Booba
  • Didier Morville plus connu sous le nom de Joey Starr, rappeur de Suprême NTM
  • Samy Naceri

Trois évasions connues

1927 : Léon Daudet s'évade 13 jours après son incarcération avec Joseph Delest grâce à un faux ordre de libération donné au directeur de la prison.
1978 : Jacques Mesrine, François Besse et Carman Rives (qui est tué durant l'opération).
1986 : Michel Vaujour s'évade dans un hélicoptère piloté par sa femme de l'époque, Nadine Vaujour.

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