Décès de Madame Carven, emblème d'un chic parisien d'après-guerre

© Joël Saget/AFP Photos
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Madame Carven, fondatrice de la griffe Carven, et représentative du chic parisien insouciant de l'après-guerre, est décédée à Paris, ce lundi 8 juin, à l'âge de 105 ans. 

Par Christian Meyze et AFP

Marie-Louise Carven, décédée lundi 8 juin 2015, à l'âge de 105 ans, était considérée comme "le grand couturier" des femmes petites, pour lesquelles elle a dessiné, pendant cinquante ans, des robes pimpantes et féminines.

Née Carmen de Tommaso le 31 août 1909 à Châtellerault (Vienne), elle se rebaptise Carven lorsqu'elle ouvre en mai 1945, Rond-Point des Champs Elysées, une boutique destinée aux femmes petites qui, comme elle --1,55m -- ne trouvent alors pas de vêtements à leur goût.
L'un de ses premiers modèles, une robe d'été décolletée aux fines rayures vertes et blanches (couleurs qui deviendront sa signature) baptisée "Ma Griffe", rencontre un succès immédiat. Un an plus tard, elle lance un parfum du même nom qui fera le tour du monde. Bien d'autres suivront.

Le style Carven est né: frais et joyeux, il aime les fleurs et les couleurs. Taille de guêpe, jupe ample, épaules larges et décolleté en balconnet, il séduit les jeunes filles, pour leur premier bal comme pour leur mariage.

La couturière habille de jeunes vedettes --Martine Carol, Danièle Delorme, Leslie Caron, Sophie Daumier ou Brigitte Fossey-- et des jeunes filles du monde comme la future Mme Valéry Giscard d'Estaing dont elle réalise la robe de mariée.

Pour sublimer les petits formats dans son genre, elle distille aussi de précieux conseils: "renoncer à porter du noir, ça rapetisse encore plus" et "fuir les carreaux géants, les grands imprimés, les décolletés en largeur, les manches bouffantes". 

Son éternelle bonne humeur, qui tranche avec les figures intimidantes de Chanel ou Schiaparelli, comme son style jeune, aux modèles confortables, apportent une touche de décontraction à l'univers de la haute couture. Mme Carven aime les coloris gais et les étoffes inédites que cette grande voyageuse rapporte parfois du bout du monde.

A force de fréquenter des hôtesses de l'air, elle redessine leurs uniformes, pour plusieurs compagnies. "Carven Uniforme" habille aussi les "pervenches" parisiennes ou les athlètes françaises aux JO de 1976.
 La maison Carven multiplie lignes et produits: maille, collections pour enfants, foulards, bijoux. Mme Carven n'abandonne la création qu'à 84 ans pour se consacrer à sa passion pour les meubles anciens et les objets rares.

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