Des cocktails Molotov jetés sur des tentes abritant les prières de rue à Lagny-sur-Marne

Après la fermeture de la mosquée en 2015, des musulmans de Lagny priaient sur un terrain de handball mis à disposition par la mairie. / © sarah brethes / AFP
Après la fermeture de la mosquée en 2015, des musulmans de Lagny priaient sur un terrain de handball mis à disposition par la mairie. / © sarah brethes / AFP

Depuis la fermeture de la mosquée en décembre 2015 à la suite d'une perquisition montrant la radicalisation de certains de ses membres, des prières de rue se tiennent à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne). Vendredi, les tentes qui les abritent ont été la cible d'attaques de projectifs explosifs.

Par France 3 Paris Île-de-France / ML avec AFP

En octobre dernier, les élus de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne) disaient craindre "que la situation ne dérape dans un contexte déjà fortement anxiogène". C'est aujourd'hui chose faite : vendredi, des tentes qui abritaient des prières de rue dans la commune ont été la cible de cocktails Molotov, selon une source judiciaire contactée par l'AFP dimanche. Seuls "des tapis de prière" ont brûlé, et on ne déplore aucun blessé. 

La mosquée fermée en 2015


Fin 2015, l'Etat ordonnait la fermeture de la mosquée de Lagny-sur-Marne, présentée comme un "foyer d'idéologie radicale". Quelques jours plus tôt, une perquisition du lieu de culte et du domicile de certains de ces membres montrait l'existence d'une madrasa, une école coranique, clandestine, ainsi que la possession d'un revolver et de contenus relatifs au djihad. Vingt-deux interdictions de sortie du territoire et neuf assignations à résidence ont alors été prononcées.

C'est la troisième mosquée à être fermée depuis la proclamation de l'Etat d'urgence et la première depuis les attentats de Paris en novembre 2015. Fait inédit, l'association cultuelle qui la gérait est également dissoute


La communauté de fidèles toujours sans lieu de culte


Depuis, le maire (UDI) n'a cessé d'alerter sur la situation. Quelques mois après la fermeture de leur lieu de culte, "10 à 50" personnes ont commencé à effectuer des prières de rue. Les gérants de la nouvelle association Es-Salam qui organise le culte musulman à Lagny-sur-Marne se dit alors dépassée par une tâche qui n'est pas la sienne, à savoir séparer les personnes assignées à résidence du reste des croyants. Quant à la mairie, elle demande à l'Etat de faire un choix en autorisant la réouverture d'un lieu de culte ou en interdisant les prières de rue

Ces phénomènes se sont intensifiés au cours du temps alors que la situation stagnait, les fidèles de la commune étant toujours privés de lieu de culte. "Avant le ramadan, des musulmans se sont installés sans autorisation sur ce terrain désaffecté appartenant à l'Etat, auparavant occupé par des gens du voyage puis des Roms", a expliqué à l'AFP Pierre Tebaldini, directeur de cabinet du maire de Lagny-sur-Marne.


Une enquête a été ouverte par le parquet de Meaux pour "dégradation de bien d'autrui par moyen dangereux". Fin 2016, 275 personnes étaient suivies dans le cadre de la lutte contre la radicalisation religieuse en Seine-et-Marne

 

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