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Des "survivants" prêts à se battre pour leurs élèves, les profs défilent en zombie

On y croirait presque : du sang sur le costume, les profs ont défilé à Paris pour faire entendre leurs revendications.

  • Par Emmanuèle Bailly
  • Publié le
© BERTRAND GUAY / AFP

© BERTRAND GUAY / AFP

Visages peints en blanc et recouverts de traces de faux sang, les enseignants-zombies ont dévoré une directrice académique "diabolique", mais "à l'air un peu coincé", dans une saynète dénonçant la perte de 300 heures d'enseignement pour cinq collèges et lycées classés en éducation prioritaire à Colombes, commune de l'ouest parisien. 

Ils ont cru nous enterrer à force de rogner nos moyens, mais nous ne sommes pas morts. Nous sommes bien vivants et nous continuerons à nous battre pour nos élèves!"
a lancé Pierre-Alexandre Fournié, professeur de mathématiques au lycée Maupassant. 



Scandant les slogans "Najat, menteuse, rends-nous nos heures!" ou encore "Un même droit à l'éducation, dans tous les quartiers, dans toutes les régions!", les enseignants, réunis sur le parvis de la gare Saint-Lazare à Paris, ont réclamé une rallonge de leur dotation horaire globale. Grâce à ces heures, "ce sont de petits miracles sociaux que nous réalisons chaque jour", a résumé Nicolas Kemoun, professeur de sciences économiques et sociales.


Une petite correction s'impose

De son côté, le directeur académique des services de l'Éducation nationale des Hauts-de-Seine, Philippe Wuillamier, joint par l'AFP, fait valoir une toute autre estimation: ce n'est pas 300 heures qui seront perdues, mais seulement 40 heures sur le solde. Si trois établissements de Colombes perdront
au total 170 heures, quatre vont gagner 130 heures, a détaillé M. Wuillamier. "Toute baisse est expliquée par une baisse des effectifs et du nombre de classes. A effectif constant, aucun établissement ne voit sa dotation baisser", a justifié le directeur académique.
 




En Seine-Saint-Denis, les parents foulaient le pavé pour le "non-remplacement des professeurs absents, devenu la 'norme'", aux côtés de leurs enfants et d'enseignants. La FCPE 93 estime que sur l'ensemble de son premier cycle, un enfant perdra environ un an de cours. Dans le 91, c'était contre la fermeture des classe.

Tous les départements de la région ont été concernés par la mobilisation. 

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