La flamme de l'Alma, de l'amitié franco-américaine à Lady Di

La Flamme de la liberté, devenue un lieu dédié à la mémoire de Lady Diana. / © JACQUES DEMARTHON / AFP
La Flamme de la liberté, devenue un lieu dédié à la mémoire de Lady Diana. / © JACQUES DEMARTHON / AFP

C'est aujourd'hui un lieu consacré à la mémoire de la princesse décédée en 1997, mais la flamme de cuivre située place de l'Alma, à Paris, avait à l'origine une vocation bien différente.

Par France 3 Paris Île-de-France / ML

Pour rendre hommage à Diana Spencer, dite Lady Di, de nombreux admirateurs se tournent encore, 20 ans après, vers le monument situé à proximité du tunnel où la princesse de Galles a trouvé la mort. Ils devraient pourtant descendre du métro plusieurs arrêts plus loin, rue des Blancs-Manteaux, où un jardin constitue le seul lieu de la capitale dédié à sa mémoire, totalement inconnu.

Le célèbre monument de cuivre qui rassemble chaque année place de l’Alma (16eme arrondissement) de nombreux admirateurs en deuil n’a effectivement aucun lien à l’origine avec la “princesse des coeurs”. La “Flamme de la liberté”, de son vrai nom, a été offerte en 1987 à la Ville de Paris par l’International Herald Tribune.

 


Une célébration de l'amitié franco-américaine


Le quotidien américain fêtait alors son centenaire et fait don, grâce à un appel à contribution, de cette réplique de la flamme de la Statue de la Liberté à taille réelle (3,5 mètres de haut). “Erigé sur une petite île de la rive droite du pont de l’Alma, juste en face de la Tour Eiffel, le monument a été à peine remarqué pendant huit ans”, note le journal dans son dossier consacré à la statue.
 

La plaque rappelant l'origine de la Flamme de la liberté sur le socle de la statue. / © France 3 Paris Île-de-France / ML
La plaque rappelant l'origine de la Flamme de la liberté sur le socle de la statue. / © France 3 Paris Île-de-France / ML



Le choix du présent, réplique de la fameuse réalisation du français Bartholdi, est censé célébrer les bonnes relations entre la France et les Etats-Unis. C’est aussi ce que stipulent la plaque scellée sur le monument “[offert] au peuple français par des donateurs du monde entier en symbole de l’amitié franco-américaine” et le choix de son emplacement, à l’angle de la place de l’Alma et de l’avenue de New York.
 

Un lieu de recueillement improvisé...
 

Aucun rapport avec la mort brutale de Diana Spencer, donc, si ce n’est un emplacement commun, puisque le 31 août 1997, la limousine Mercedes qui transportait la princesse et Dodi Al-Fayed s'écrase contre un pilier du tunnel situé en contrebas. Immédiatement, ses fans en pleurs convergent vers le lieu, les bras chargés de fleurs, de cierges et de messages d’amour qu’ils laissent d’abord à l’entrée du tunnel, puis au pied de la statue.
 

Le 7 septembre 1997, une semaine après la mort de Diana, les touristes affluent déjà au pied de la statue. / © GABRIEL BOUYS / AFP
Le 7 septembre 1997, une semaine après la mort de Diana, les touristes affluent déjà au pied de la statue. / © GABRIEL BOUYS / AFP


Huit ans après son inauguration par Jacques Chirac, l’emplacement prend un tout autre sens. Comme le souligne l’ethnologue Denise Glück dans son essai Une flamme dans le vent - un monument pour Lady Diana, “il présente toutes les caractéristiques qui lui permettent d’être perçu comme un lieu sacré” : imminence du danger avec la proximité du tunnel, place pour circuler, symbolique de la flamme qui s’élève...
 

... Puis propulsé par Elton John


La ferveur redouble quelques semaines après l’accident quand Elton John, ami proche de Lady Di, interprète “Candle In the Wind” à ses funérailles. Les paroles du  titre, qui date de 1973, font désormais écho au monument de la place de l’Alma pour un public venu du monde entier.
 


Le morceau connaît immédiatement un succès international et devient le single le plus vendu au monde selon le Guinness Book of Records (du moins depuis sa création). Avant sa réinterprétation, la chanson n’avait elle-même n’avait rien à voir avec “la rose d’Angleterre” dont fait allusion ses nouvelles paroles. Il s’agissait là encore d’un hommage américain… A Marilyn Monroe.
 

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