Hauts-de-Seine : un psychologue a été condamné à 17 ans de prison pour avoir violé des patientes

© JACK GUEZ / AFP
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Un psychologue accusé de viols par trois de ses patientes alors qu'il avait interdiction d'exercer après une précédente condamnation pour agression sexuelle, a été condamné jeudi à 17 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Hauts-de-Seine.

Par France 3 Paris IDF (avec AFP)

Les jurés ont été plus loin que ce qu'avait réclamé l'avocat général, à savoir entre 12 et 15 ans de prison. Maurice Moulay a été reconnu coupable de "viol commis par une personne abusant de l'autorité que lui confère sa fonction en récidive" sur trois femmes âgées aujourd'hui de 29, 32 et 52 ans.


Maurice Moulay, docteur en psychologie clinique de 70 ans, s'était justifié en évoquant une "thérapie corporelle", une "pratique à risque en France", d'après lui. "Dès l'instant où on touche le corps, vous êtes condamné. Oui, je touche le corps pour soigner les gens, tout simplement", s'était-il justifié.

Une "thérapie corporelle" selon le psychologue

Des arguments fustigés par l'avocat général, Dominique Borron: "Pour lui, les gestes, le bandeau sur les yeux, les caresses sur les seins, même les viols relèvent de la thérapie". Condamné en 2009 pour agression sexuelle par le tribunal correctionnel d'Evry à cinq ans de prison dont un ferme, il avait depuis cette date interdiction d'exercer.


Il avait également été condamné en 1996 pour viol par la cour d'assises des Yvelines à 12 ans de réclusion criminelle, et en 2014 par le tribunal correctionnel de Nanterre à trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour agression sexuelle.
A chaque fois, les victimes étaient ses patientes.

Un processus de soumission

Deux femmes ont décrit à la barre le processus de soumission dans lequel elles sont entrées. Elodie s'est rappelée les séances de "relaxation", les demandes de Maurice Moulay lui intimant de se déshabiller, les caresses gênantes. "C'était tétanisant et du coup, ça bloque la parole", a rapporté la jeune femme. Interrogée sur les raisons qui ont fait qu'elle retournait voir le thérapeute, elle a évoqué une "prise de conscience difficilement acceptable". "J'ai fait confiance naïvement. Et j'étais subjuguée par ses connaissances", a-t-elle expliquée.

L'avocat de la défense Me Pierre Lumbroso a tenté de remettre en cause cette emprise décrite par les victimes. "A chaque fois que ses patientes lui ont dit non, il s'est arrêté", a rappelé Me Lumbroso. Pour deux victimes, "la thérapie a été très courte, je ne suis pas sûr qu'en si peu de temps une personne ait la capacité de vous placer sous emprise", a-t-il argumenté, rappelant qu'une des jeunes femmes avait porté plainte après dix séances seulement.

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