Le Syndicat des Transports d'Ile-de-France, le STIF, qui gère les transports en Ile-de-France a souhaité se faire une idée de la réalité du "besoin" de transports en commun la nuit, après minuit ou après une heure du matin. Car l'idée de faire circuler le métro, le RER ou même le Transilien toute la nuit n'est pas nouvelle. Depuis une dizaine d'années, elle ressurgit par intervalle. Certains rêvent ne plus avoir de contraintes horaires pour rentrer chez eux !


Un coût et des conséquences pratiques

Tout récemment, Anne Hidalgo, la maire de Paris (PS), a plaidé pour l'ouverture des transports, et notamment du métro, la nuit.

La présidente de région, Valérie Pécresse (LR) avait prôné pendant sa campagne l'ouverture des métros automatiques (lignes 1 et 14) toute la nuit le weekend. Elle est devenue depuis plus réservée: "Ma priorité est la sécurité, les trains et les RER. Je ne dépenserai pas l'argent que je n'ai pas." précisait-elle dernièrement.

Car tout cela a un coût, bien sûr. Mais aussi des conséquences pratiques sur les travaux de rénovation et de modernisation qui se font la nuit sur les voies. Alors le STIF a voulu y voir plus clair et évaluer le besoin. Et les conclusions de l'étude commandée sur le sujet montrent que "le besoin d'une prolongation des horaires des transports en commun par trains, métros et RER la nuit en Ile-de-France n'est pas si avéré" que certains voudraient le dire.

"Les pratiques de mobilité des franciliens la nuit (entre 21h et 6h) ne traduisent pas un besoin de transports en commun lourds (trains, métros, RER) toute la nuit. Les besoins de déplacement baissent considérablement après minuit", souligne l'étude, menée par le cabinet de conseil Alenium, en se basant sur l'Enquête Globale Transport datant de 2010, qui a interrogé 18.000 résidents en Ile-de-France.


Une baisse importante après 1 heure du matin

Les déplacements nocturnes ne représentent que 5% à 9% du volume sur un jour, dit l'étude. Certes la prolongation de l'ouverture du métro d'une heure depuis 2006 a doublé la fréquentation après minuit, mais on constate un lissage de la fréquentation sur les dernières heures (62.000 voyageurs entre minuit et 1h00 en 2006, contre environ 40.000 entre 1h00 et 2h00 en 2014).

L'étude fait état également des réticences de la RATP et de la SNCF en raison des chantiers du train et du RER: "toute augmentation d'offre la nuit, à moyen terme, serait fortement contrainte en raison du plan de modernisation sans précédent engagé sur le réseau."
Concernant le métro, la RATP estime qu'une prolongation du trafic sera "complexe à initier sans fortement dégrader la qualité des services actuels". La régie travaille sur plus de 400 chantiers par nuit en moyenne.


100 millions d'euros pour le seul métro

Pour ce qui est du coût, faire fonctionner le métro 24h/24 sur toutes les lignes, y compris les weekends et veilles de jours fériés, représenterait 100 millions d'euros ou plus par an, hors impact sur la maintenance. Pour un service similaire sur quelques lignes, la facture pourrait aller de 50 à 100 millions d'euros, selon le nombre de stations.

L'enquête préconise plutôt le développement du réseau Noctilien de bus de nuit, par l'augmentation des fréquences et la création de nouvelles lignes palliant l'arrêt des trains, et l'amélioration des déplacements de banlieue à banlieue. Un développement qui pourrait tout de même coûter entre 10 et 50 millions d'euros par an.
Métro ouvert la nuit