Siège de la police judiciaire de Paris depuis plus d'un siècle, le "36" a vu passer dans ses murs les plus grands criminels. En 2017, une page se tourne avec le départ des derniers policiers qui y travaillaient, direction un immeuble flambant neuf, le "Bastion" dans le 17e arrondissement.

Dans les locaux du "36" en juin 2017

 

Une page se tourne pour la police parisienne

Fin d'une époque pour le célèbre siège de la police judiciaire parisienne : en juin 2017 le "36 quai des Orfèvres" a entamé son déménagement vers de nouveaux locaux dans le quartier des Batignolles dans le 17e arrondissement. Un changement historique qui s'est achevé en septembre.

Afin de garder le nom mythique de "36", le numéro de l'entrée dans la rue du Bastion est au 36, bien qu'il ne corresponde à rien dans la numérotation de la rue.

A revoir : un 13' sur la légende du 36 quai des Orfèvres 



Sur les 1.700 fonctionnaires de la PJ parisienne, ils sont déjà très nombreux à avoir investi leur nouvelle adresse dans le 17e arrondissement : rue du Bastion. Pour regrouper des services éclatés aux quatre coins de Paris, les autorités ont décidé d'investir un lieu unique, la Cité judiciaire et ses abords, aux Batignolles, un quartier encore en construction.

Seule la BRI restera dans les locaux du 36

©  MARTIN BUREAU / AFP
© MARTIN BUREAU / AFP
C’est, la Brigade financière, et ses 600 fonctionnaires, qui a été la première a quitter ses locaux du 13e arrondissement pour rejoindre le 17e. La majorité des services installés quai des Orfèvres, dont "la Crim" et "les Stups", ont quitté les lieux en septembre.

Ils laissent derrière eux les 148 marches de lino usé par policiers et criminels menant aux petits bureaux sous les toits mansardés. Seule la Brigade de recherche et d'investigation (BRI) restera dans les locaux du 36.

Les grandes affaires qui ont marqué l'histoire du "36"

Petiot, Jacques Mesrine, Guy Georges... des noms qui resteront gravés dans l'histoire du quai des Orfèvres

 

Les murs jaunis de cette bâtisse à deux pas de la cathédrale Notre-Dame, avec vue sur la Seine, pourraient en effet raconter le docteur Petiot, arrêté en 1944 après la découverte à son domicile parisien des restes de vingt-sept personnes, le baron Edouard-Jean Empain, libéré après avoir été enlevé pendant 63 jours en 1978, mais aussi Jacques Mesrine, "l'ennemi public numéro un", le tueur en série Guy Georges....

Un policier bloque la circulation, à Paris le 2 mai 1994 devant le palais de justice, où arrive le fourgon cellulaire à l'intérieur duquel se trouvent Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani. Les quatre dirigeants du mouvement d'extrême gauche "Action directe" comparaissent devant une cour d'assises spéciale pour une série d'assassinats et d'attentats commis entre 1984 et 1986. / © AFP PHOTO/GERARD JULIEN
Un policier bloque la circulation, à Paris le 2 mai 1994 devant le palais de justice, où arrive le fourgon cellulaire à l'intérieur duquel se trouvent Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani. Les quatre dirigeants du mouvement d'extrême gauche "Action directe" comparaissent devant une cour d'assises spéciale pour une série d'assassinats et d'attentats commis entre 1984 et 1986. / © AFP PHOTO/GERARD JULIEN

Certaines affaires ont aussi laissé leurs empreintes. Tel ce grand filet tendu au-dessus d'une mezzanine, installé après qu'une figure du groupe Action directe, Nathalie Ménigon, avait tenté de se jeter dans le vide en 1984.

►A revoir : un 13' sur le quotidien des hommes du 36 quai des Orfèvres 

 

Les derniers cartons de déménagement rejoignent le 17e arrondissement

Changement d'ambiance aux Batignolles, le nouveau bâtiment de la police judiciaire parisienne, adossé au futur palais de justice, est tout de béton et de verre installé en bordure de périphérique. Le 36, rue du Bastion est à deux pas de la nouvelle Cité judiciaire de Paris...
La façade du rez-de-chaussée est bétonnée pour prévenir toute attaque terroriste et le vitrage, renforcé à l'épreuve des balles. Un maillage de caméras de vidéosurveillance et des hommes en faction protègent les abords. Au total, plus de 30.000 m² de bâtiments fonctionnels et modernes avec des salles de garde à vue au même étage équipées de caméras, une salle de tirs "dernière génération", une salle de sport...

Fin d'une époque ou début d'une nouvelle ? Dans cet édifice ultramoderne et ultrasécurisé, les policiers sauront-ils récréer une ambiance qui inspirera encore et toujours les réalisateurs et les auteurs de romans policiers ?