13-Novembre : deux ans après les attentats, quel impact sur la sécurité

Un agent de sécurité (image d'illustration). / © PHOTOPQR/OUEST FRANCE
Un agent de sécurité (image d'illustration). / © PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Plus d'un tiers des entreprises de sécurité privée sont basées en Île-de-France, ce qui représente plus de quatre salariés sur dix. Conséquence des attentats qui ont touché la Fance : la demande de sécurité privée augmente. Mais la coordination avec les forces de l'ordre n'est pas toujours simple.

Par Loïc Blache

C'est l'une des conséquences des attentats qui ont touché la France : la demande en matière de sécurité privée, surveillance humaine et surveillance par des systèmes électroniques, augmente. Une hausse particulièrement forte pendant les trois mois qui suivent un attentat. Ce fut ainsi le cas, il y a deux ans, après les attaques qui ont touché Paris et Saint-Denis, le 13 novembre 2015.

Un phénomène qui « ne dure pas », explique Olivier Duran, porte-parole du Snes, le syndicat national des entreprises de sécurité. « Nos clients ont tendance à revenir à un effectif minimum rapidement car cela a un coût. Il y a une forme de résilience chez eux. »

Mais cela suffit à faire bondir le chiffre d'affaires de la sécurité privée. Alors que sur une période de dix ans (2006-2016), il croissait de 3 à 5 % suivant les secteurs, ces derniers ont affiché une croissance à deux chiffres en 2016 : +10,5 % pour la prévention-sécurité ; +10 % pour la surveillance-intervention ; et +16,5 % pour la télésurveillance.

Vers une sécurité à moindres coûts ?

Ces demandes en dents de scie, le secteur a parfois du mal à les satisfaire. Car être agent de sécurité nécessite désormais une formation de 180 heures, dont 14 heures concernent un nouveau "module terrorisme". En moyenne, il faut trois mois à un futur agent pour obtenir sa carte professionnelle, renouvelable tous les cinq ans.
Un agent de sécurité (image d'illustration). / © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP
Un agent de sécurité (image d'illustration). / © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP
Autre aspect à prendre en compte : la sécurité représente un coût certain pour les entreprises ou les collectivités. Olivier Duran regrette une pression sur les tarifs : « Il y aura toujours des boîtes qui accepteront des prix anormalement bas pour avoir des marchés. Ça pose un vrai problème car on ne peut pas avoir une sécurité professionnelle si on n’y met pas le prix. »

« Coproduction » de sécurité

Reste la question de la coordination entre les services de police/gendarmerie et les agents de sécurité privée. « Dans beaucoup d’endroits, la sécurité privée n’est pas toujours très bien appréciée par les forces de l’ordre », regrette Danièle Meslier, la présidente de l'association nationale des métiers de la sécurité. Le climat actuel pourrait peut-être faire évoluer l'image de la profession auprès des forces de l'ordre, en considérant chaque agent de sécurité comme un source d'informations. « Logiquement, cela devrait renforcer l'échange d'informations entre sécurité publique et sécurité privée », espère-t-elle.
Le Snes espère encore davantage ; le syndicat parle de « coproduction ». « Il faudrait un conseiller "sécurité privée" auprès du ministre de l'Intérieur. Et, sur le terrain, avoir des lignes directes pour informer gendarmes et policiers », réclame Olivier Duran.

L'Île-de-France compte 74.314 employés dans la sécurité privée

L'Île-de-France est la région qui compte le plus d'entreprises de sécurité ayant au moins un salarié. Sur les 4.145 répertoriées en France, 36 % y sont basées, ce qui représente 44 % des 167.779 salariés. Une concentration qui s'explique principalement par la présence de nombreuses grandes sociétés dans et autour de la capitale. À ces chiffres s'ajoutent aussi les travailleurs indépendants (estimés à plus de 7.000 en France par l'INSEE).

Le métier est majoritairement masculin (87 %). Alors à l'approche des Jeux olympiques de 2024, il s'agira pour le secteur de féminiser ses effectifs afin de répondre aux demandes de main-d'oeuvre.

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