“Parti du vote blanc” : les électeurs ont préféré l'original à la copie

© PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP
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Ce "petit" parti, qui milite pour la reconnaissance du vote blanc comme suffrage exprimé, n'a pas connu un grand succès pour les législatives en Île-de-France. Les scores obtenus par ses candidats sont même loin de concurrencer le (vrai) vote blanc.

Par Pierre De Baudouin

Des résultats presque transparents pour le Parti du vote blanc. Ses candidats, qui militent pour la reconnaissance de ce vote comme un suffrage exprimé dans les résultats d’élections, ont recueilli de très faibles scores.

Parmi les 82 représentants du parti en campagne pour ces élections législatives 2017, 30 se présentaient dans des circonscriptions d'Île-de-France. Sans surprise, les résultats ont été très limités.

Les électeurs semblent même avoir préféré l'original à la copie. Pour clarifier :
  • Le vote blanc (l'original) = se déplacer et - avant de signer le registre - glisser une enveloppe vide dans l'urne, ou un bulletin blanc (logique, a priori).
  • Le vote pour le Parti du vote blanc (la copie) = voter pour un candidat du mouvement.
Trois exemples de ces "candidats blancs", comme le parti les surnomment, qui ont terminé bien en dessous du vote blanc (le vrai) :
  1. Stéphane Guyot. Dans la cinquième circonscription du Val-de-Marne, le président du parti et ex-candidat citoyen à l'élection présidentielle de 2017 a obtenu 179 votes en sa faveur. Soit près de deux fois moins que le total de votes blancs (370).
  2. Dominique Lalanne. Dans le Val-de-Marne toujours, et sa sixième circonscription, la "candidate blanche" a recueilli 235 voix. Un score bien inférieur aux 398 votes blancs déposés dans les urnes localement.
  3. Stéphane Casse. Avec 150 suffrages réunis, il obtient un résultat encore plus faible. Surtout comparé aux 407 votes blancs dans la sixième circonscription de Paris, où le candidat concourait.

 

Deux fois moins de votes pour les "candidats blancs" que de votes blancs

Sur son site, l'association reconnait la dimension contradictoire d'un bulletin en sa faveur :

Paradoxalement, ce mouvement citoyen n’incite pas à voter blanc, mais permet à celles et ceux qui souhaitent le faire de voir leur vote pris en considération dans le résultat du scrutin.

Mais le parti présente des candidats pour "incarner" le vote blanc dans les résultats officiels, et ainsi le faire reconnaitre, de fait.

Le vote blanc - bien que distingué du vote nul - n'est toujours pas comptabilisé dans les suffrages exprimés selon la loi de février 2014, en vigueur.

Les représentants du Parti du vote blanc sont censés porter "le rejet de l’offre politique proposée en France", et militer pour un "garde-fou démocratique à la disposition des citoyens".

Voter pour le parti devrait ainsi permettre de mettre dans l'urne un bulletin avec "la valeur d’un vote blanc qui compte comme suffrage exprimé.

Et alors que le vote blanc a explosé à la dernière élection présidentielle, la proposition aurait pu faire mouche dans l'électorat.

Mais le mécontentement ne semble pas s'être converti en suffrages pro-Citoyens du vote blanc.

Au niveau national, le score atteint 0,72 % des suffrages en moyenne, dans les 82 circonscriptions en question, soit deux fois moins que le vote blanc "réel". De quoi - pour l'instant - être vert pour le parti.

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