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L'inacceptable fuite en avant budgétaire du chantier de la Philarmonie de Paris

Dans cette période de restrictions budgétaires, le dérapage budgétaire du chantier de la Philarmonie de Paris, porte de la Villette, signé de l'architecte Jean Nouvel, est emblématique des difficultés que rencontrent désormais les grands projets architecturaux.

Par Christian Meyze

Le chantier de la Philharmonie de Paris, vieux projet, sorte de serpent de mer parisien, cent fois envisagé, et cent fois repoussé, dont le véritable feu vert date de 2010 et le démarrage de 2011, est devenu l'exemple parmi tous de ce qui est en train de secouer le petit monde des grands architectes français.

Vendu à l'origine pour un montant de 110 millions d'euros, le projet, posé porte de la Villette est déja arrivé à 387 millions. Le chantier est encore loin de l'achèvement. Et pour son architecte concepteur, Jean Nouvel, il faudrait encore davantage. 
Aux dires des connaisseurs de ce genre de grand chantier de prestige, il n'y a rien d'étonnant à cela : selon eux, ces chantiers dérapent toujours et dépassent très largement leur budget annoncé initialement parce qu'ils sont toujours sous-évalués au départ. A entendre les spécialistes en effet, c'est l'ensemble du système de décisions et d'attribution de ces chantiers qui fonctionne comme cela depuis toujours. Une réalité que ces spécialistes expliquent par le fait que pour décrocher ce genre de contrats, les architectes  doivent très fortement minorer les coûts de leurs projets pour ne pas effrayer le commanditaire. Ensuite, au fil du chantier, qui dure longtemps par nature, on ré-évalue régulièrement pour revenir à la réalité des coûts! Le procédé, connu de tous, ne semblait pas poser de problème à qui que ce soit jusqu'à ces dernières années.

Dans cet état de fait, si l'on en croit là encore les bons connaisseurs du secteur, Jean Nouvel serait un grand spécialiste de ces dépassements de budget et de délais (la Philharmonie était annoncée pour 2013. Au mieux, elle sera achevée en 2015 voire 2016). Tous précisant qu'il ne décrocherait pas les marchés  s'il pratiquait autrement. Certains architectes qui se sont essayés à la "vérité des prix" en présentant leurs projets ont effectivement été écartés tout de suite!

Voilà donc pour le "contexte historique" des grands chantiers culturels de prestige en France. Mais, entre temps, est venue la crise que nous connaissons tous. Et les restrictions budgétaires qui s'appliquent à tous les niveaux de la dépense publique. Conséquence : qu'il s'agisse de projets municipaux (théatre, médiathèque, ou autre équipement devenu très à la mode chez les élus locaux) ou de grand projets d'état, il vaut mieux ne pas déborder de l'enveloppe initialement attribuée. Désormais, les maîtres d'ouvrage font la sourde oreille aux demandes de "rallonge" et exigent même des économies. Une dimension à laquelle les grandes signatures de l'architecture française n'ont jamais été habituées. Les dents grincent et le milieu s'offusque.

Premier de ces gros dossiers pris dans la tourmente donc, la Philharmonie de Paris, financé par la Ville de Paris et l'Etat. Et aujourd'hui aucun des deux  commanditaires ne veut plus entendre Jean Nouvel réclamer argent et délai supplémentaire. Ils ont donc fermé leur porte et leur porte-monnaie, provoquant la colère du célèbre architecte !

Reste aujourd'hui ce chantier, que beaucoup observent désormais avec curiosité pour certains, avec effroi pour d'autres, se demandant désormais jusqu'où ira l'affaire.


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