Saint-Ouen : expulsion d’un festival de graff en hommage au « Cinquième élément »

© Festival Hip Hop Du 5e Element
© Festival Hip Hop Du 5e Element

Les artistes du « Festival hip-hop du 5e Element » ont été expulsés ce jeudi, quelques heures avant le lancement. L’évènement rassemblait des dizaines de graffeurs à l’occasion des 20 ans du film de Luc Besson.

Par Pierre De Baudouin

Terminé, avant même son lancement. Le « Festival hip-hop du 5e Element », hommage au film de Luc Besson sorti en 1997, est stoppé quelques heures avant l’ouverture.
L’évènement, prévu du 12 au 15 mai, était censé rassembler le travail d’une centaine d’artistes dans une ancienne usine de 2.000 mètres carré, boulevard Victor Hugo à Saint-Ouen.

Le festival de graff, qui préparait également différentes expositions et performances autour de la culture urbaine (parkour, breakdance, deejaying), centrait ses créations autour d’une contrainte commune : le film de Luc Besson.

L'artiste Seyar explique le projet d'exposition hors-format, conçu pour "éviter de faire du prémâché" : "Dans la culture aujourd'hui, on multiplie les teasers, on connait déjà le contenu et toute la programmation. On voulait surprendre les gens."

Sept mois de travail « rattrapés par la réalité administrative »

A l’origine de l’expulsion : les organisateurs n’ont pas reçu d’autorisation pour investir les lieux. « Rattrapé par la réalité administrative », le festival a fait l’objet d’un arrêté préfectoral pour prévenir l’évacuation à partir de cinq heures du matin, ce jeudi.

Les raisons avancées : des risques d'incendie, de mouvement de foule... "On a été expulsé comme un squat, tout ce qu'il y a de plus banal. On savait dans quoi on s'engageait en squattant" raconte Seyar. Attristé, l'artiste ne réfute pas l'expulsion mais regrette "le dialogue totalement stérile avec la mairie" et "l'imbroglio juridique" : "Dégouté, dépité... On est dans l'incompréhension".  

« Pas de méchants ni de gentils dans l'histoire », expliquent les organisateurs, logiquement amers :

Des heures de boulot accomplies dans un esprit de partage anéanties...

En réaction, les artistes ont décidé d’exposer dans la rue :
Ouvert gratuitement, le festival cherchait à créer un « véritable festival des arts urbains et de la sub-culture » pour promouvoir « l'accessibilité à la création, la culture cinématographique, la liberté de créer hors les murs, de raconter des histoires différemment, colorées, réinventées ».

Musées, mode… Si la culture mainstream accepte et réutilise de plus en plus la culture du graff et ses codes, l’expulsion a le mérite de rappeler que le street-art est - pléonasme - né dans la rue.

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