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Tueur des Champs-Elysées : “Dérangé, fragile, mais pas radicalisé”, disent voisins et connaissances

© Philippe Lopez/AFP Photos
© Philippe Lopez/AFP Photos

Karim Cheurfi, 39 ans, qui a tué un policier sur les Champs-Elysées jeudi soir avant d'être abattu, était un récidiviste, manifestement obsédé par l'idée de s'en
prendre aux forces de l'ordre, mais n'était pas connu comme islamiste radicalisé selon ses voisins ou proches.

Par AFP/Christian Meyze

Né le 31 décembre 1977 à Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis, Karim Cheurfi avait été arrêté le 23 février par la police judiciaire de Meaux, soupçonné de vouloir tuer des policiers. Mais il avait été relâché le lendemain à l'issue de sa garde à vue, faute d'éléments, selon des enquêteurs.

"Ici, tout le monde le connaît, c'est quelqu'un qui a perdu la raison, de psychologiquement vraiment atteint", confie, sous couvert d'anonymat un habitant de son quartier calme et pavillonnaire de Chelles (Seine-et-Marne). "Ses actes, ses réactions, sa façon de marcher, son attitude étaient en décalage, comme s'il venait de Mars", poursuit-il.
"Il a un grain", confirme Salim, qui se présente comme un ami d'un de ses cousins.

Pas fiché S

Un enquêteur précise qu'il il était visé par une enquête antiterroriste confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) mais n'était pas "fiché S".

L' homme sans profession connue avait déjà eu affaire plusieurs fois à la justice, pour des vols avec violence puis trois tentatives d'homicide. En février 2005, il avait été condamné en appel à quinze ans de réclusion pour avoir tenté de tuer un élève gardien de la paix portant un brassard "police" et le frère de celui-ci.

Solitaire et introverti

Après sa sortie de prison en juillet 2013, il avait commis, trois mois plus tard, un vol aggravé qui s'était soldé par une course-poursuite avec des policiers. Il avait été condamné en juillet 2014 à Meaux pour ces nouveaux faits à quatre ans d'emprisonnement, dont deux ans de sursis avec mise à l'épreuve.

"Il n'y avait à l'époque aucun signe de radicalisation, on avait plutôt à faire à quelqu'un de très solitaire et d'introverti, avec de gros problèmes de communication. Il s'exprimait très peu, ne se défendait pas", se souvient son avocat à l'époque, Jean-Laurent Panier. "C'était quelqu'un de renfermé sur lui-même", abonde une source pénitentiaire.
"Il était marqué par la prison mais pas marqué par la religion ou autre", raconte Mohammed, 21 ans, qui habite dans la petite cité HLM proche du pavillon où Karim Cheurfi vivait avec sa mère. "Il avait une haine de la justice et de la police (...), il a peut-être pété un plomb en sortant de prison."

Après sa nouvelle sortie de détention en 2015, il n'avait pas particulièrement fait parler de lui. "On avait des petits dossiers sur lui mais rien de transcendant. (...) Il avait réussi à se faire un peu oublier", rapporte un policier.

Une revendication douteuse

Son attaque sur les Champs-Elysées a été presque aussitôt revendiquée par l'Etat islamique (EI), mais cette revendication pose question puisque l'organisation jihadiste donne un nom de guerre d'un jihadiste belge nommé comme "Abu Yussef le Belge". Mais un message manuscrit prenant la défense de "Daech" (acronyme de l'EI en arabe) a été retrouvé près du corps de l'assaillant sur les Champs-Elysées, et un Coran dans sa voiture.

Dans son voisinage, Karim Cheurfi n'est pas décrit comme un homme radicalisé ayant pu graviter dans la nébuleuse salafiste jihadiste.
"Il ne savait même pas se servir d'une télécommande, alors aller sur internet et contacter +Daech+, j'imagine pas!", lance Salim. Abdel, un autre voisin de 23 ans, abonde: "Il avait une haine contre la police, contre la France. Il était marqué par la prison. Mais Daech, c'est n'importe quoi".
L'homme n'était pas connu comme ayant une quelconque pratique musulmane communautaire. "Je vais souvent à la mosquée, je ne l'y ai jamais vu", dit Salim.

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