Qui sommes-nous ?

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DOCUMENTAIRE. Les œuvres vives de Bertrand Latouche

© Les films du balibari
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Bertrand Latouche, réalisateur du documentaire "Les œuvres vives" raconte son parcours de vie. Comment il a décidé de partir en bateau avec sa fille et comment la vie l'a finalement menée jusqu'à Port Lavigne à Bouguenais.

Par Claude Bouchet

Un récit sur une communauté d'habitants qui se lient d'amitié et attendent de pouvoir tôt ou tard larguer à nouveau les amarres. A voir le lundi 23 octobre 2017 après le Grand Soir/3 !

Bertrand Latouche, le réalisateur raconte l'essence de ce film 

"Né sur la côte atlantique, mais pas marin du tout, je vis pourtant sur un bateau avec ma fille en garde alternée. Mais à terre. Au chantier naval de Port Lavigne où je termine la remise en état des "œuvres vives", c’est à dire la partie immergée de la coque. Isolé sur ce site comme sur une île, je partage ma vie avec une petite communauté d’habitants qui œuvrent avec opiniâtreté à la restauration de leur bateau et à l’accomplissement de leur rêve. Claudine, Jean-Luc et Jean-Yves me racontent leurs parcours, faits, comme moi, de ruptures et de changements de cap. Plongé dans un quotidien de chantier fait de doutes et de certitudes, d’enthousiasme et de lassitude, faisant cohabiter chaque jour idéalisme et pragmatisme, rêve et réalité, une question est présente dans tous les esprits: que faisons-nous de notre vie ?

© Les films du balibari
© Les films du balibari

Animé par le même idéal de liberté, chaque protagoniste apporte une réponse différente. Des réponses qui ne sont pas sans paradoxes, sans poésie ni sans humour."

"Les œuvres vives" est un huis clos à ciel ouvert, l’histoire de personnes qui se battent avec la matière mais aussi avec elles-mêmes pour exister autrement et être auteurs de leur vie.

►Nos 3 questions à Bertrand Latouche, réalisateur du documentaire

D’ou vient l’idée de ce film?

Au départ de ce film, c’est l'envie de parler des ruptures et des changements de cap. Le thème est auto-biographique mais le film n’est pas auto-centré. Ce sont les autres qui m’intéressent. J’ai rencontré Jean-Luc, Jean Yves, Claudine et Christian sur le chantier naval et nous nous sommes rapidement lié d’amitié. Et puis je me suis dit: je ne peux pas leur demander de se livrer à moi sans que je me livre un peu moi même. Donc ce n'est pas un film "sur" eux. C'est un film "avec" eux. On est dans le même bateau.

Au delà, c'est aussi un film pour ma fille. Et une méditation sur le temps. Sur la fuite du temps. Qui pose sûrement la question de la vacuité. De ce qu'on fait de notre vie. Mais sans jugement. Sans leçon bien sûr. Chacun se débrouille comme il peut avec la vie.

Qu’est-ce que les œuvres vives ? d’où vient ce titre ?

Les "oeuvres vives », c'est la partie immergé des bateaux. Et, symboliquement, celle des êtres. Les coques des bateaux ont à la fois la force de fendre les flots, la force de se confronter aux éléments, mais elles sont aussi vulnérables. Nous sommes tous fait de forces et de fragilités. Nous avons nos blessures. Et toutes ces traces dessinent une géographie de notre vie...comme celle qu’on découvre lorsqu’on sort un bateau de l’eau.


Que ressentez-vous à vivre en compagnie de cette communauté ? Est-ce votre idée du bonheur ?

Je vie le plus possible sur l’eau! Heureusement! Mais le chantier est un lieu de replis. Un far west ou souffle un vent de liberté. Mais c’est aussi un passage obligé pour un bateau. Il faut l’entretenir. Donc on revient régulièrement. Moi je vois ça comme une parenthèse enchantée, malgré le travail parfois harassant sur nos vieilles coques de métal. Humainement c’est un moment privilégié. Il y a beaucoup de complicité, de solidarité et de rires. Je ne sais pas si c’est l’idée que je me fais du bonheur. Je ne sais pas ce que c’est que le bonheur. Et c’est drôle que vous me posiez cette question, parce c’est sans doute le sujet de mon prochain film.

© Les films du balibari
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