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A La Baule, les commerçants continuent de se battre contre la “privatisation” de la plage par Veolia

Le groupe privé Veolia a repris la gestion de la plage suite à un appel d'offres. / © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
Le groupe privé Veolia a repris la gestion de la plage suite à un appel d'offres. / © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Jusqu'aujourd'hui gérée par la mairie, la plage de La Baule a été accordée au groupe privé Veolia, par la préfecture de Loire-Atlantique, ce qui a provoqué un tollé chez les commerçants de la concession, qui dénoncent une privatisation.

Par Cécilia Sanchez (avec AFP)

Ses restaurants sont prisés des célébrités... La Baule est une des stations balnéaires les plus chics de France. Mais ses commerçants sont en colère, ils dénoncent la "privatisation" de cette concession par Veolia, qui entraîne une augmentation de 57% des loyers.


Veolia va gérer la plage pendant 12 ans


A la mi-décembre, la préfecture de Loire-Atlantique a en effet signé un contrat autorisant pendant 12 ans le groupe Veolia à gérer les 5,4 km de la plage. Les 35 établissements se sont empressés de dénoncer ce contrat, qui stipule une redevance de 150 000 euros puis de 177 000 euros. Veolia, spécialisé dans le traitement de l'eau et des déchets, doit rénover les accès, entretenir la plage et assurer la gestion des établissements.

Pourquoi confier l'exploitation de cette concession à Veolia ? Elle est due à l'arrêté catastrophe naturelle pris début 2014 pour faire payer les assurances après les intempéries qui ont endommagé les entreprises de la plage. "L'Etat indemnise mais souhaite en contrepartie que les établissements respectent le décret plage de 2006", explique une source proche de la mairie. Ce "décret plage" impose qu'à chaque renouvellement de concession, les installations soient démontables et que l'espace dévolu aux établissements ne dépasse pas 20% de la longueur d'une plage naturelle. 
© LOIC VENANCE / AFP
© LOIC VENANCE / AFP



8,5 millions de chiffre d'affaires

La mairie a refusé de reprendre la gestion de la plage pour une question de "lourdeur administrative" compte tenu notamment de sa taille. Ces entreprises réalisent 8,5 millions d'euros de chiffres d'affaires et emploient 500 saisonniers et 30 à 50 permanents. Elles dénoncent une "privatisation". "Dans les appels d'offres, Veolia nous demande d'intégrer des lots de dimension plus importante, avec des structures qui vont quasiment jusqu'à l'eau, doublant les espaces de plage privatifs", explique Nicolas Appert, restaurateur membre de l'association "La plage, coeur de La Baule", qui regroupe les 35 établissements.

Il dénonce également l'augmentation des montants des redevances, qui passeront de moins de 400 000 aujourd'hui à 805 000 euros la quatrième année, ainsi que l'obligation de démolir les structures en dur. "On devient des franchisés Veolia, non seulement nous devons assumer le coût de la démolition mais les bâtiments vont être uniformisés, on va perdre notre identité", tonne-t-il. De plus, les nouvelles structures doivent certes être démontables, mais des dérogations permettront toujours, selon lui, d'exploiter un restaurant à l'année.

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