Procès des amants diaboliques à Nantes : l'accusé "nous a manipulés", admet un enquêteur

Didier Barbot, coaccusé avec sa maîtresse de l'assassinat de son épouse en mars2013, maquillé en disparition, a "quelque part manipulé" les enquêteurs, jusqu'à son interpellation huit mois plus tard, a admis mardi le directeur d'enquête devant les assises de Loire-Atlantique.

  • AFP - éditing Claude Bouchet
  • Publié le , mis à jour le
Didier Barbot le 26 mars 2013 à son domicile © Laurent Combé / Maxppp

© Laurent Combé / Maxppp Didier Barbot le 26 mars 2013 à son domicile

"M. Barbot a soufflé le chaud et le froid, il nous a quelque part manipulés. En audition, il nous ment constamment", a déclaré à la barre l'adjudant Philippe Métivier, à la tête d'une équipe de douze gendarmes chargés d'enquêter sur la mort d'Anne Barbot, dont le cadavre avait été découvert dans le coffre de sa voiture calcinée, une dizaine de jours après son assassinat, dans la nuit du 15 au 16 mars 2013, à son domicile, à Vritz. Le lendemain, vers midi, l'accusé signalait à la gendarmerie la disparition de son épouse, sans même chercher à la joindre sur son portable.

Auditionné comme témoin pendant "près de six heures", quelques jours plus tard, par un gendarme "chevronné", Didier Barbot avait livré maints détails : le dîner qu'avait préparé sa femme, l'émission qu'ils avaient regardé à la télévision, a souligné le gendarme devant la cour. Il était apparu "calme, serein, sûr de lui", n'avait pas montré d'émotion, et était allé jusqu'à déterminer l'heure à laquelle son épouse était venue se coucher, les "pieds froids" de cette dernière l'ayant réveillé vers 23H00, a ajouté l'adjudant Métivier.

"Pour nous, quand il fait ces déclarations, elles restent cohérentes. On ne peut avoir que de l'empathie à ce moment",


a-t-il déclaré, en répondant aux questions de l'un des avocats de l'accusé. Ce n'est que deux mois plus tard, à la remise d'un rapport d'expertise sur le contenu de l'estomac de la victime, que le directeur d'enquête commence "à avoir des doutes", qui seront plus tard confirmés par des investigations téléphoniques, "capitales" dans le dossier.

Placés en garde à vue fin novembre 2013, Didier Barbot et sa maîtresse, Stéphanie Livet, avaient fini par livrer le "scénario élaboré" pour tendre un guet-apens à la victime. Mme Livet avait attiré sa rivale dans le garage des époux Barbot, après avoir coupé le compteur électrique. Le mari avait frappé la victime avec une bûche, puis sa maîtresse l'avait étranglée avec un lien. Le corps avait ensuite été transporté dans le coffre d'une voiture et brûlé en forêt. 

Le procès doit s'achever vendredi.

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