NDDL: trois médiateurs pas du goût des politiques régionaux

Un point de passage sur la RD 281 qui traverse la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (27 avril 2017) / © Evelyne Garcia France 3
Un point de passage sur la RD 281 qui traverse la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (27 avril 2017) / © Evelyne Garcia France 3

Un ancien pilote de ligne, un ingénieur et une préfète:  trois médiateurs Gérard Feldzer, Michel Badré, et Anne Boquet, vont s'atteler au dossier enlisé de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Désignés jeudi soir par Matignon, ils font déjà polémique du côté des partisans de NDDL.

Par GS, avec AFP


Ce dossier polémique a empoisonné le quinquennat du président François Hollande et divisé le gouvernement, opposant notamment la ministre de l'Environnement Ségolène Royal et le Premier ministre Manuel Valls, favorable au projet.

Les médiateurs étaient reçus jeudi en fin d'après-midi à Matignon par le Premier ministre Edouard Philippe, Nicolas Hulot et la ministre des Transports Elisabeth Borne, afin de lancer la médiation.
Ces trois médiateurs seront chargés "d'envisager les solutions permettant de répondre aux impératifs d'aménagement, dans un dialogue apaisé avec les acteurs et dans le respect de l'ordre public", a indiqué Matignon dans un communiqué.

Remise à plat

Ils devront examiner les enjeux au regard des dernières données économiques (prévisionsde trafic, coûts, empreinte carbone, etc.).
"Nous allons remettre les choses à plat", a assuré Nicolas Hulot il y a quelques jours. Le ministre, qui a aussi la main sur les transports, s'est dit "intimement convaincu qu'il y a de possibles alternatives à Notre-Dame-des-Landes qui peuvent nous permettre, à tous, de sortir par le haut". Selon lui, la médiation "en fera la démonstration".
Le rapport des médiateurs doit permettre au gouvernement de prendre une décision "claire" et "assumée", selon les termes d'Edouard Philippe, qui juge "urgent de faire baisser la tension" sur ce projet polémique lancé au début des années 70.

La nomination et la personnalité de ces médiateurs ont fait immédiatement polémique auprès des élus régionaux :     

Dans un communqiué, le président socialiste du conseil départemental de Loire-Atlantique Philippe Grosvalet estime que ces nominations n'apportent "aucune garantie sur l’indépendance de la médiation autour de l’aéroport"
Il ajoute : "Force est de constater que la feuille de route ne correspond pas aux engagements pris jusqu’à présent sur ce dossier par le nouveau Président de la République, qui avait dit vouloir "respecter le résultat du référendum et faire cet aéroport. Les profils des trois médiateurs nommés ce jeudi 1er juin par le Premier ministre ne garantissent ni l’impartialité, ni l’indépendance de leur mission. Là encore, c’est contraire aux engagements du Président de la République."

Et Philippe Grosvalet de menacer : "Dans ces conditions, sans éclairage du Premier ministre d’ici là, je ne me rendrai pas au rendez-vous organisé sur le sujet mardi prochain à Matignon."

Même tonalité du côté de Bruno Retailleau. Le président LR du conseil régional des Pays de la Loire réagit dans un autre communiqué et boycotte également la réunion prévue avec le Premier Ministre : 
"J’apprends avec stupéfaction que l’expert aéronautique nommé par le Gouvernement pour la médiation à Notre-Dame-des-Landes n’est autre que Gérard Feldzer, opposant notoire à l’aéroport du Grand Ouest, ancien directeur de campagne de Nicolas Hulot en 2006-2007 et ancien Conseiller régional d'Île-de-France sur la liste Europe Écologie entre 2010 et 2015. Je rappelle que ce parti soutient officiellement  l’occupation illégale de la ZAD et a remis en cause le résultat de la consultation démocratique du mois de juin dernier. Le minimum que l’on était en droit d’attendre dans cette médiation, c’est que les médiateurs soient neutres et objectifs. A l’évidence, tel n’est pas le cas, bien au contraire : cette médiation est une mascarade car ce médiateur est un militant. Il y a quelques jours, j’avais demandé et obtenu une réunion sur Notre Dame des Landes autour du Premier Ministre. Mais si le Gouvernement ne me donne pas des garanties sérieuses sur la neutralité de cette médiation, je ne me rendrai pas à cette réunion. Car je ne me prêterai pas à une parodie de concertation."

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