"Les médiateurs n'ont présenté que des expertises sur le réaménagement de Nantes-Atlantiques", déplore dans un communiqué le Syndicat Mixte Aéroportuaire.

Le point de vue affiché par les médiateurs est - très - difficile à accepter pour le collectif d'élus, favorable au transfert de l'aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes. Depuis une rencontre avec les trois médiateurs lundi soir - outre Philippe Grosvalet, président du département, Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée, et Johanna Rolland, maire de Nantes, étaient présents - les critiques sont acerbes, la mission de médiation lancée par Emmanuel Macron et le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, largement remise en question.

"Les élus du grand-ouest [favorables au transfert, ndlr] s'insurgent de la dérive de cette médiation", continue le communiqué. Le collectif a écrit à Emmanuel Macron "afin de l'alerter sur cette manipulation grossière". Début octobre, le syndicat avait déjà dénoncé de supposés biais dans l'attribution de marchés concernant Notre-Dame-des-Landes à une entreprise liée à Nicolas Hulot.

Les médiateurs ont surtout vexé les élus en considérant, selon Philippe Grosvalet, que le SMA serait "dans la posture politique". Et en expliquant, toujours selon le président du conseil départemental, qu'aucun accord n'était possible entre les pro et anti aéroport. "C'est le signe que cette mission dite de médiation est un échec", a-t-il expliqué sur France Inter, mercredi 25 octobre.

"Si votre projet est aussi formidable et porteur d’avenir que vous l’imaginez, qu’avez-vous à craindre d’une mise à plat et d’une comparaison avec l’alternative qui n’a jamais été étudiée correctement ?", a ironisé dans la foulée le Collectif d'élu doutant de la pertinence de l'aéroport. Du côté des pro-aéroports, on semble plutôt s'inquieter de voir la médiation s'orienter vers un abandon progressif du projet - au profit d'un réaménagement de Nantes-Atlantique. 

À la question "est-ce que vous n'êtes pas fatigués ?", posée à Philippe Grosvalet par France Inter, l'élu de répondre "on n'est pas fatigué quand on est passionné, quand on a la conviction que le choix que nous faisons est un choix d'avenir pour les décennies qui viennent, pour les générations à venir". Copiée-collée, cette réponse aurait pu être celle d'un élu opposé au projet de Notre-Dame-des-Landes. Il n'y a plus qu'à attendre celle de la médiation, attendue au mois de décembre - les trois représentants sont pour l'instant tenus au silence.