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Nantes/Saint-Nazaire : les salariés d'Airbus ne veulent pas pointer en bleu

Ce lundi marque une nouvelle journée d'action chez Airbus à Nantes et St Nazaire. Les salariés se mobilisent contre un projet d'accord signé entre la direction et FO, le syndicat majoritaire, qui vise à imposer le pointage en bleu de travail.

  • FB avec AFP
  • Publié le 22/02/2016 | 14:50, mis à jour le 22/02/2016 | 14:53
Les salariés d'Airbus opposés au pointage en bleu de travail © Eléonore Duplay - France 3 Pays de la Loire

© Eléonore Duplay - France 3 Pays de la Loire Les salariés d'Airbus opposés au pointage en bleu de travail

Jusqu'à présent, les salariés avaient le choix de se changer avant ou après avoir pointé. Pour la CGT et la CFDT, pointer en bleu c'est optimiser encore un peu plus le temps de travail. FO rétorque que c'est une grève de riches.

 

L'interview de Michel Pontoizeau, secrétaire FO Airbus Nantes

Débrayage à Airbus Nantes

Ce lundi marque une nouvelle journée d'action chez Airbus à Nantes et St Nazaire. Les salariés se mobilisent contre un projet d'accord signé entre la direction et FO, le syndicat majoritaire, et qui vise à imposer le pointage en bleu de travail.


En modifiant les procédures de pointage des personnels d'atelier en échange de compensations, Airbus souhaite améliorer sa productivité pour faire face à la montée en cadence de production des avions.
"Après avoir consacré de nombreuses années au développement de nos grands programmes, les prochaines années vont être axées sur la production afin de tenir nos engagements de livraisons", déclarait la semaine passée Marc Jouenne, le directeur des ressources humaines d'Airbus France.
"Nous avons des augmentations de cadence de livraison qui sont significatives (...) et l'ensemble des fonctions sont orientées vers cet objectif majeur", ajoutait-il.

Airbus prévoit de livrer 50 A350 cette année contre 14 en 2015, et doit passer de 42 A320 produits par mois à 60 en 2019.
Pour y parvenir, l'avionneur a proposé pour ses trois usines françaises, Toulouse, Nantes et Saint-Nazaire, un projet d'accord d'entreprise selon lequel les personnels d'ateliers devront pointer matin et soir en bleu de travail, dans le but d'améliorer la productivité et la compétitivité du groupe.

Pour l'heure, les salariés d'ateliers badgent en tenue de ville matin et soir. "Pour améliorer notre productivité et notre compétitivité, il faut que les salariés badgent en tenue de travail matin et soir après s'être changés", a indiqué  la direction d'Airbus Nantes.

Ce projet de "badgeage en bleu de travail" est rejeté par la CGT et la CFDT, syndicat non représentatif, à Nantes.
Le groupe propose de compenser ce temps d'habillage et de déshabillage, estimé à 20 minutes par jour, en moyenne de 60 euros par mois et de trois jours à récupérer par an.

Ces conditions placent Airbus "tout en haut de l'échelle de ceux qui pratiquent ce genre de compensation", selon Marc Jouenne. "Nous n'augmentons
pas le temps travail de ces catégories de production, ils sont sur 35 heures et restent sur 35 heures",
a-t-il insisté.

La CGT estime de son côté que le "badgeage en bleu va entraîner une augmentation de neuf heures à neuf heures et demi du temps passé en plus en entreprise par mois".
Selon Marc Jouenne, le projet va être présenté devant les instances représentatives, notamment lors d'un comité central d'entreprise (CCE) le 24 février, en vue d'une application en avril.

Après ce CCE, "nous présenterons le projet d'accord à signature le 25 février et la mise en application est prévue pour début avril", a-t-il précisé. "Nous voulons donner le temps au managers, aux équipes, de se préparer à ce dispositif."
Selon lui, le projet concerne 6.000 personnes en production sur les sites de Toulouse, Nantes et Saint-Nazaire.

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