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Delphine Batho : "il faut interdire les pesticides dangereux"

Pour la député des Deux-Sèvres et ancienne ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, l'utilisation de pesticides dangereux est un "problème de santé publique majeur", notamment en Poitou-Charentes. La région est particulièrement touchée par cette forme de pollution.

  • Par Hugo Lemonier
  • Publié le , mis à jour le
Delphine Batho est députée des Deux-Sèvres. © Aurélien Morissard / Maxppp

© Aurélien Morissard / Maxppp Delphine Batho est députée des Deux-Sèvres.

Les révélations de Cash Investigation n'ont, pour elle, rien d'étonnant. L'utilisation de 100 000 tonnes de pesticides dangereux chaque année en France pose un "problème de santé publique majeur", déclare Delphine Batho.

L'ex-ministre de l'Ecologie pointe la présence dans l’air de pesticides non seulement dangereux, mais pour certains interdits depuis plus de quinze ans.

C’est notamment le cas du lindane, un "insecticide interdit d'usage agricole depuis 1998" qui "est encore présent à l'état de trace dans l'air de la région", selon le bilan de l’association ATMO Poitou-Charentes.

Cette pollution de l’air est due à la résistance de certains produits toxiques. Et aussi, et on en parle assez peu, aux trafics de pesticides interdits."

Pour la député des Deux-Sèvres, la faute est imputable aux pouvoirs publics. "Les agriculteurs ne peuvent pas être tenus pour responsables de ces dérives. Il sont même les premières victimes de la toxicité de ces produits dangereux."

"C’est au gouvernement d’interdire l’usage de ces pesticides dont on connaît les effets néfastes. Dès qu’on en découvre le risque, on l’interdit. Il n’y a pas à tergiverser", juge l’ex-Ministre de l’écologie, pour qui l’inertie de l’Etat est due à la puissance des lobbies de l’industrie chimique.

Les blocages proviendraient notamment du ministère de l’agriculture

Un pouvoir auquel la députée a elle aussi dû faire face. Par exemple, quand Delphine Batho pose une question au gouvernement sur l’interdiction du RoundUp le 31 mars 2015, on l’a renvoie à une étude produite par un groupe d’experts internationaux. Mais la moitié de ses membres travailleraient pour l’industrie chimique selon des ONG citées par Le Monde

Si, pour l’ex-ministre de l’Ecologie, "les décisions prises pour l’interdiction de l’utilisation des pesticides dans les jardins publics vont dans le bon sens", "il faut s’attaquer au cœur du problème : 95% de l’usage de ces substances se fait dans l’agriculture".

Selon Delphine Batho, les blocages proviendraient notamment du ministère de l’agriculture : l’interdiction des pesticides dangereux est "une question sur laquelle il y a des débats interministériels récurrents et difficiles entre le ministère de l’écologie et de l’agriculture".

Quand la santé des Français, et particulièrement celle des agriculteurs, est en jeu, il faut que la France agisse d’abord pour elle-même, sans attendre les directives de l’Europe."

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