A. Rousset dénonce une "dérive" des finances de l'ex-région Poitou-Charentes

Alain Rousset, président PS de la région ALPC dénonce la "dérive" financière de l'ancienne région Poitou Charentes et indique avoir pris des mesures immédiates. Jean-François Macaire pourrait renoncer à son poste de vice-président de la région en charge des finances.

  • BD (avec AFP)
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Alain Rousset (à g.) et Jean-François Macaire (à d.) pendant un meeting des dernières élections régfionales © Maxppp

© Maxppp Alain Rousset (à g.) et Jean-François Macaire (à d.) pendant un meeting des dernières élections régfionales

Le président sortant de l'ex-Région Aquitaine déclare avoir découvert dans les comptes de Poitou-Charentes, jusque-là également aux mains des socialistes, des impayés s'élevant à 132 millions d'euros, "62 millions en investissement et 70 millions en fonctionnement".

Dès que j'ai été prévenu de cette situation, j'ai donné ordre aux services de la résoudre au plus vite. A l'heure où je vous parle, 46 millions d'euros ont déjà été payés."
Alain Rousset


Selon le Président de la nouvelle région ALPC, la totalité des factures seront soldées "dans deux ou trois semaines, sans poser le moindre souci de trésorie". Pour Alain Rousset, alors que la nouvelle grande région a aussi intégré le Limousin, il y a "un problème spécifique picto-charentais". "C'est une région qui manifestait beaucoup de volontarisme et avait sans doute les yeux plus gros que le ventre par rapport aux capacités de financement", déclare-t-il évoquant "la multiplicité, sinon l'émiettement de toutes les actions qui ont été menées".

L'ancienne région Poitou-Charentes souffrirait également d'"une faible capacité de désendettement ainsi que de 130 millions d'euros d'emprunts dit structurés, c'est-à-dire ces emprunts à taux faible, adossés à d'autres monnaies comme le franc suisse ou le yen et qui, selon la fluctuation de ces monnaies, peuvent exploser et devenir des emprunts toxiques".

Le directeur des finances de la collectivité relevé

Alain Rousset indique avoir d'ores et déjà relevé de ses fonctions le directeur des finances de la collectivité. Quant à son ancien président, le socialiste Jean-François Macaire -qui avaitsuccédé à Ségolène Royal en 2014- nommé en janvier vice-président délégué aux finances de la grande Région, "c'est une situation évidemment gênante", souligne Alain Rousset. "Je pense qu'il est préoccupé, c'est le moins qu'on puisse dire. La question c'est de savoir s'il était totalement au courant", affirme Alain Rousset, ajoutant attendre que Jean-François Macaire, qui s'était présenté contre lui à la primaire socialiste avant les élections régionales, "prenne ses responsabilités".

Les deux hommes se rencontrent ce matin et selon nos informations, il paraît difficile pour Jean-François Macaire d'imaginer conserver son poste de vice-président de la région ALPC.

Alain Rousset s'est toutefois refusé à mettre en cause la présidence de l'actuelle ministre de l'Ecologie : "Ségolène Royal a cédé la présidence de la Région depuis un bon bout de temps et il n'y a chez moi aucune arrière-pensée politique. Je réagis là uniquement en gestionnaire de l'argent public", assure-t-il.

Le président de la nouvelle région annonce le lancement d'un audit global sur les trois anciennes régions pour "mettre en perspective l'harmonisation des politiques et remettre d'aplomb cette partie de la grande région".  De son côté, le futur président de la commission des finances de la grande région, Olivier Chartier (Les Républicains), met en cause Ségolène Royal: "Tout ceci est le résultat de la gestion chaotique menée par Ségolène Royal, dit-il. Des investissements hasardeux faits loin des compétences de la Région et soi-disant placés sous le signe du volontarisme politique".
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