Aide aux migrants : un homme condamné à trois mois de prison avec sursis à Nice

Le tribunal a condamné un homme à trois mois de prison avec sursis pour aide aux migrants. / © MAX PPP
Le tribunal a condamné un homme à trois mois de prison avec sursis pour aide aux migrants. / © MAX PPP

Le tribunal correctionnel de Nice a condamné lundi à trois mois de prison avec sursis un jeune homme de 19 ans venu en aide à quatre réfugiés dans la vallée de la Roya en juin dernier. Son avocat a annoncé qu'il allait interjeter appel. 

Par Catherine Lioult

C'était en juin dernier. Raphaël Faye, 19 ans, prend en voiture quatre personnes à la gare de Saorge pour les conduire à Breil-sur-Roya chez Cédric Herrou, figure de la mobilisation citoyenne en faveur des migrants. Il est alors contrôlé à un barrage de gendarmerie.
Il a comparu ce lundi devant le tribunal correctionnel de Nice  pour être venu en aide à ces réfugiés. Il a a expliqué à l'audience qu'il ne s'était jamais posé la question de savoir si ces quatre personnes étaient en situation irrégulière.


Il voulait les mettre à l'abri chez Cédric Herrou qui avait un protocole avec les gendarmes pour leur permettre de faire une demande d'asile



a expliqué son avocat  Zia Oloumi.


Il n'y a pas  d'immunité humanitaire pour le parquet



Le père  de Raphaël Faye est membre des Libres Penseurs et membre de l'association de défense des migrants Roya Citoyenne. 


A l'audience, la représentante du parquet a refusé l'immunité humanitaire et requis quatre mois de prison avec sursis, tout en reconnaissant des failles dans la procédure.
"Pour elle, l'infraction était constituée car ils n'étaient pas blessés. A quoi j'ai rétorqué que rien ne permettait de démontrer qu'ils étaient en situation irrégulière et qu'on ne pouvait pas le déduire du simple fait qu'ils étaient étrangers ou noir de peau", a dit l'avocat Oloumi.
Raphaël Faye a été condamné à trois mois de prison avec sursis.



La relaxe a d'ailleurs été prononcée au regard de l'un des quatre migrants car il était consigné par écrit dans le dossier qu'il était de nationalité française. Idem pour un autre mais dont il apparaissait ailleurs qu'il était Libyen. Les deux derniers étaient de nationalité libyenne et malienne.


Une manifestation de soutien pendant l'audience 



" Trois mois, ça fait un mois par personne !", s'est exclamé Raphaël Faye à sa sortie du tribunal, où des militants étaient venus l'attendre et le soutenir. Son avocat a annoncé qu'il comptait faire appel de ce jugement.
La vallée de la Roya, dans les Alpes-Maritimes, connaît une importante pression migratoire que l'Etat tente de juguler. Plus de 33.000 interpellations suivies de reconduites à la frontière ont été enregistrées depuis janvier et de nombreux bénévoles traduits en justice.

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