Deux escrocs, fausses victimes de l'attentat de Nice, condamnés à de la prison ferme à Grasse

© Maxppp
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Le tribunal de Grasse a condamné un couple prétendant avoir été victime de l'attentat de Nice qui avait causé la mort de 86 personnes le 14 juillet dernier. Ils avaient déjà été condamnés en décembre pour avoir prétendu être des victimes des attentats de Paris. 

Par Jacques Paté

Un couple domicilié à Cannes a été condamné mercredi par le tribunal correctionnel de Grasse (Alpes-Maritimes) pour avoir prétendu avoir été victime de l'attentat de Nice qui avait causé la mort de 86 personnes sur la promenade des Anglais le 14 juillet dernier. 

Déjà condamnés en décembre dernier à trois ans de prison pour elle, et six ans pour lui, pour avoir prétendu être des victimes des attentats de Paris, les deux escrocs ont cette fois écopé de quatre et six ans d'emprisonnement assortis d'une interdiction de séjour de cinq ans dans les Alpes-Maritimes.

Tentative d'escroquerie


Peu convaincu par les pleurs et les remords affichés dans le box par les deux prévenus, le parquet avait requis cinq et six ans de prison. Sasa Damjanovic, 36 ans, et sa compagne Vera Vasic, 29 ans, parents de deux jeunes enfants, ont été reconnus coupables de tentative d'escroquerie au préjudice du Fonds de garantie des victimes du terrorisme et d'autres infractions (FGTI), l'organisme public chargé d'enregistrer les demandes d'indemnisation des victimes d'attentat.

L'attention des services du FGTI avait été alertée lorsque ce couple de nationalité française était venu déposer un dossier pour l'attentat de Nice alors qu'ils avaient déjà été indemnisés, à hauteur de 30.000 euros chacun, pour ceux de Paris.

Face à cette coïncidence troublante, la justice, saisie par le FGTI, avait alors ouvert une enquête qui avait permis de confondre le couple, des relevés téléphoniques attestant de leur présence sur la Côte d'Azur le 13 novembre 2015, soir des attentats parisiens, et non près du stade de France comme ils le prétendaient.

Après avoir reconnu les faits pour l'attentat de Paris, pour lesquels ils avaient également été condamnés à verser 30.000 euros chacun en réparation au FGTI, les deux prévenus ont, après le premier jugement, admis avoir également monté un faux dossier d'indemnisation pour l'attentat du 14 juillet. Le soir de la Fête nationale, alors qu'ils étaient à Cannes, ils s'étaient précipités à Nice, 20 minutes après l'annonce de l'attentat, pour déposer un dossier à l'hôpital Pasteur, indiquant avoir été victimes de la bousculade due à l'attaque du camion-bélier. M. Damjanovic avait fait appel du premier jugement et avait comparu le 28 mars dernier devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence. La décision a été mise en délibéré au 9 mai.

2060 demandes d'indemnisations


Au 14 mars, le FGTI avait enregistré quelque 2.060 demandes d'indemnisation à la suite de l'attentat de Nice, dont, à cette date, 1 200 avaient déjà reçu une première indemnisation, pour un montant total de 18 millions d'euros. Pour les attentats de Paris, 2.600 demandes ont été déposées. 53,5 millions d'euros ont déjà été réglés, soit 97% du total à verser aux victimes.

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