Photos de l'attentat de Nice: le parquet de Paris demande en urgence le retrait de Paris Match

Nice 14 juillet 2016 - cette photo n'est pas une de celles publiées par Paris-Match / © VALERY HACHE / AFP
Nice 14 juillet 2016 - cette photo n'est pas une de celles publiées par Paris-Match / © VALERY HACHE / AFP

Le parquet de Paris demande en urgence le retrait de la vente de Paris Match. Nice va rendre hommage aux victimes de l'attentat de Nice mais une polémique fait la une. Des images dans Paris Match ce 13 juillet "portent atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches", selon les associations.

Par AFP

"Paris Match a fait le choix éditorial assumé de publier des photos extraites des bandes de vidéosurveillance de la ville de Nice et placées sous scellés", indique dans un communiqué l'avocat de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs, maître Eric Morain.



L'avocat appelle le parquet antiterroriste de Paris "à faire cesser ce trouble manifestement illicite". Cette requête est aussi soutenue par l'association Promenade des anges, qui rassemble les proches des victimes de l'attentat au camion bélier qui a ensanglanté la célèbre Promenade des Anglais le 14 juillet 2016.

"Ces captures d'écran, publiées sans précaution aucune, portent atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches" et sont publiées "uniquement pour faire du sensationnel" et "créer une atmosphère morbide et voyeuriste", dénoncent les associations. 


Réaction des associations de victimes :



Réaction de Christian Estrosi, le maire de Nice :



L'élu dit avoir écrit "au ministre de la Justice afin qu'il se saisisse de cette nouvelle parution qui ne manquera pas de raviver la douleur des familles".

Réaction de Paris-Match :



Pour l'avocate du journal, "le sujet de Paris Match sur le 14 juillet est au contraire un hommage aux victimes et aux rescapés", a déclaré maître Marie-Christine Percin.


"Il n'y a pas de photos montrant le visage des victimes ou portant atteinte à leur dignité. Les images montrent le camion de très loin au moment où il arrive sur la foule, et des silhouettes de gens qui marchent", selon elle.

Position du CSA :


Le Conseil supérieur de l'audiovisuel avait appelé l'ensemble des médias audiovisuels à "la prudence et à la retenue, protectrices de la dignité humaine et de la douleur des personnes".
Me Eric Morain rappelle que la loi Guigou de 2000 encadre l'atteinte à la dignité d'une victime d'une infraction pénale mais seulement lorsqu'elles sont vivantes.
Sur les images diffusées par Paris Match, des victimes vivantes blessées sont visibles mais, selon lui, pas forcément identifiables.

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