Un activiste venu soutenir les migrants à Menton condamné pour violence

Le tribunal de grande instance de Nice / © MAXPPP
Le tribunal de grande instance de Nice / © MAXPPP

Un activiste, venu protester contre le sort de migrants en août devant les locaux de la police aux frontières de Menton (Alpes-Maritimes), a été condamné mercredi soir à 6 mois de prison avec sursis notamment pour "outrage" et "violence" à l'encontre de policiers.

Par Olivier Le Creurer avec l'AFP

En état de récidive

Le tribunal correctionnel de Nice oblige aussi Fouad H., âgé de 36 ans et habitant Besançon (Doubs), à faire 150 heures de travail d'intérêt général et à verser près de 2.000 euros en dommages et intérêts à trois policiers. Le condamné, en état de récidive, a précisé en marge du procès qu'il était venu vivre pendant une semaine avec les militants "No borders" (pas de frontières) qui ont campé tout l'été avec des migrants sur une zone de bord de mer de la commune italienne de Vintimille, à proximité immédiate de Menton.

"Sans envergure et sans panache"

L'audience s'est déroulée au moment où ce même campement était complètement évacué mercredi en fin de journée par la police italienne. La procureure Sylvie Canovas avait requis quatre mois de prison ferme et un stage de citoyenneté. Elle s'est montrée particulièrement sévère, en prenant la défense des policiers qui accomplissent "une tâche ardue" pour lutter notamment contre les passeurs et en décrivant "un usurpateur, alcoolique et oisif depuis trois ans", agissant de manière isolée "sans envergure et sans panache".

"Un usurpateur, alcoolique et oisif depuis trois ans

Selon une policière présente à l'audience, l'homme avait proféré en pleine nuit de nombreuses invectives et tenté de faire passer des objets à des migrants, en attente de réadmission en Italie. "Il m'a dit, tu es une Arabe, tu n'as pas honte de faire ce métier?", a-t-elle témoigné. Selon un confrère, elle a aussi été traitée de "putain" et de "traitre".

Défense maladroite

Fouad H. a tenté maladroitement d'évoquer "des contrôles racistes qui existent depuis quatre mois à la frontière des Alpes-Maritimes". Avant d'être rabroué par le président du tribunal David Hill: "Ici ce n'est pas une tribune politique, ce n'est pas à vous de faire la leçon aux policiers".
L'homme, alcoolisé selon la police, avait résisté lors d'une interpellation très mouvementée. Un policier, partie civile qui souffre d'une côte cassée, a indiqué avoir reçu des coups de poing et des griffures. Le prévenu a nié ces accusations de violence, affirmant avoir lui-même subi des violences policières (qui n'ont pas été constatées médicalement, a précisé le président du tribunal).

Pour l'avocat des policiers, Me Adrien Verrier, l'homme était venu en "simple délinquant" pour "casser du flic sur le dos de pauvres migrants". Mais l'avocat parisien de l'accusé, Me Raphaël Kempf, a souligné que "beaucoup de gens outrés décident actuellement d'aider les migrants", sans nécessairement faire partie d'une association.

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