Marseille : ouverture du procès du trafic de stupéfiants dans la cité des lauriers

Marseille : ouverture du procès du trafic de stupéfiants dans la cité des lauriers / © Photo Jean-Louis Boudart
Marseille : ouverture du procès du trafic de stupéfiants dans la cité des lauriers / © Photo Jean-Louis Boudart

Ce lundi s'est ouvert, devant la 7e chambre du tribunal correctionnel de Marseille, le procès du réseau de trafiquants de drogue de la cité des Lauriers. Dans le box, 28 prévenus comparaissent. 

Par Marc Civallero avec AFP

Guetteurs, vendeurs, superviseurs  : vingt-huit prévenus sont jugés à partir de ce lundi 30 octobre à Marseille pour leur rôle présumé dans le trafic de stupéfiants de la cité des Lauriers. Une cité dans laquelle sévissait le clan des "Blacks", l'un des plus importants clan démantelés ces dernières années dans la cité phocéenne.

Reportage de Jean-Louis Boudart et Frédéric Renard : 
(Intervants : Me Denis Fayolle, avocat de la défense et Me Alain Lhote, avocat de la défense)
Procès de trafiquants de drogue à Marseille
28 prévenus sont jugés à partir de ce lundi 30 octobre à Marseille pour leur rôle présumé dans le trafic de stupéfiants de la cité des Lauriers. - Jean-Louis Boudart et Frédérci Renard

Selon la police, ce clan  serait engagé dans une lutte sanglante avec la bande rivale des "Gitans" pour la suprématie du trafic de drogue dans les cités des quartiers nord de la ville. Selon des sources policières, depuis 2008, ce conflit serait à l'origine d'une trentaine de règlements de comptes. Placés par l'accusation à la tête du trafic, quatre frères Ahamada, d'origine comorienne,  contestent être "les chefs" du réseau. Ils rejettent les accusations policières qui font d'eux des membres du clan des Blacks.

Le 18 mai 2015, la police interpelle 24 personnes, 4 autres le seront en juin, saisit 300 000 euros, 40 kilos de cannabis et deux pistolets automatiques. Dans ce point de vente, ouvert de 9h30 à 2h30, les enquêteurs ont relevé 80 clients par heure. Le chiffre d'affaires journalier était estimé à 60.000 euros. L'enquête a permis de détailler une organisation rigoureuse : appartements-refuges disponibles en cas d'intervention policière, gardien de nuit surveillant les lieux aux heures de fermeture. Un guetteur avait même pour tâche de tenir le compte des allers et venues de policiers lors des opérations afin de déterminer si certains d'entre eux restaient cachés dans les étages.

Selon le juge d'instruction, plusieurs règlements de comptes postérieurs aux mises en examen "n'apparaissent pas sans lien avec le trafic se déroulant aux Lauriers". Le 25 octobre 2015, dans le hall d'entrée du bâtiment D, des malfrats cagoulés et armés, à la recherche d'un membre du réseau, ont tué un jeune homme de 23 ans et deux adolescents de 15 ans, sans lien avec le trafic. Depuis le début de l'année, deux des onze victimes de règlements de comptes commis dans les Bouches-du-Rhône, ont été tuées aux Lauriers.

Quatre des prévenus sont par ailleurs mis en examen depuis 2009 pour meurtres en bande organisée dans l'affaire de la "tuerie de Sainte-Marthe"  qui a  fait trois morts et deux blessés le 27 janvier 2009. En septembre 2016, la juge d'instruction a prononcé un non-lieu général, les auteurs de cet épisode sanglant de la guerre des Blacks et des Gitans n'ayant pu être formellement identifiés. Mais elle écrivait qu'il "est possible, sinon hautement probable, que les victimes aient été visées par des membres du clan des Blacks soit en représailles de précédents règlements de comptes, soit pour sa corollaire lutte de territoire sur le réseau des Lauriers".

En juillet, la cour d'appel a réformé le non-lieu et saisi un nouveau juge d'instruction

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