Un ancien gendarme réserviste jugé aux assises d'Aix-en-Provence pour double homicide

Le procès se tiendra du 24 novembre au 2 décembre, à Aix-en-Provence. / © Dominique Leriche / PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP
Le procès se tiendra du 24 novembre au 2 décembre, à Aix-en-Provence. / © Dominique Leriche / PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP

Un ancien gendarme réserviste, employé municipal à Marseille, est jugé à partir de ce jeudi pour un double homicide commis à six ans d'intervalle dans la cité phocéenne. Il avait entre-temps déménagé dans le Var où il menait une vie d'apparence normale.

Par AFP / ND

Abdelkader Amrani, 45 ans, agent technique à la mairie de Marseille, au casier judiciaire vierge, a été interpellé après le meurtre, en juin 2012, de Marina Campi (52 ans), qu'il avait connue sur un site de rencontres. Il est soupçonné de l'avoir torturée puis tuée en l'étouffant avec un sac en plastique noué par un cordon électrique.
Le corps dévêtu de la victime avait été trouvé par les marins-pompiers dans son appartement du 13e arrondissement de Marseille, allongé sur son lit, la tête prise dans un sac plastique, veines et poignets entaillés. L'appartement, situé dans une résidence sécurisée, n'avait subi aucune trace d'effraction.

LES ENQUETEURS FONT LE LIEN AVEC UN AUTRE MEURTRE

L'analyse des téléphones portables et des empreintes ADN avait conduit à Abdelkader Amrani qui nie les faits. Peu après, les enquêteurs faisaient un parallèle avec le meurtre, en 2006, et demeuré inexpliqué, d'une autre femme, Henriette Bernardi, 68 ans, qui vivait elle aussi seule et qu'il avait croisée alors que, agent de recensement, il s'était rendu dans l'immeuble où elle vivait dans le 14e arrondissement de Marseille. Les modes opératoires similaires de ces deux meurtres ont en effet intrigué les policiers : aucune trace d'effraction, mort par asphyxie, traces identiques de l'ADN du tueur présumé sous les ongles des victimes. Et bizarrement, Abdelkader, propriétaire d'un appartement dans le 14e arrondissement de Marseille, avait déménagé dans les semaines suivant le meurtre d'Henriette Bernardi.

SA FEMME LE DECRIT COMME UN HOMME QUI MENT SUR TOUT

L'enquête a dévoilé peu à peu la  "vie parallèle" de l'employé. Lui-même évoque une vie conjugale "paisible" mais sa compagne, Corinne, avec laquelle il s'est installé dans le Var et a eu deux enfants, le décrit comme un homme qui "mentait absolument sur tout" depuis des années, pouvait être violent et lui faisait peur.

Les enquêteurs ont également découvert que l'ex-gendarme réserviste, détenu à la prison des Baumettes à Marseille depuis octobre 2012, était un adepte des sites pornographiques sur internet. Il y consultait aussi des sites de rencontres, notamment des sites "spécialisés dans les femmes Cougar", selon l'accusation. Quant aux experts, ils ont souligné "l'orientation psychopathique" du meurtrier présumé qui usait "de sa qualité de gendarme pour amadouer et rassurer" ses futures rencontres. Mais capable, "en cas de stress aigu d'un passage à l'acte dicté par une pulsion mortifère".  

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