Marseille : le bâtiment où a grandi Zidane est démoli aujourd'hui

Cité de la Castellane, dans le 16ème arrondissement de Marseille, le bâtiment G n'est pas seulement l'ancien immeuble de la famille Zidane. Il est aussi un point stratégique pour le trafic de drogue. Nostalgie Zidane ou pas, le bâtiment sera démoli ce mercredi matin.  

Zinedine Zidane a grandi dans le bâtiment G
Zinedine Zidane a grandi dans le bâtiment G © Maxppp
La démolition du bâtiment G marque le coup d'envoi de la réhabilitation du plus emblématique des quartiers sensibles marseillais, synonyme pour beaucoup de trafic et de misère.

Au-delà du symbole footballistique, la Castellane, dressée sur les hauteurs de Marseille, abrite 7 000 habitants. C'est un piège pour les familles. Les services publics sont loin, les emplois manquent cruellement. C'est aussi un labyrinthe difficilement pénétrable pour les policiers qui tentent d'y enrayer le trafic de drogue.

Avec des retards de plusieurs années, la cité va enfin profiter des millions d'euros du programme national de rénovation urbaine, Anru. Premier acte, ce mercredi matin : la démolition du bâtiment G, celui où le champion du monde de football avec les Bleus a grandi. 12 logements, préludes à la démolition programmée en 2017 de la tour K, longtemps gangrénée par le trafic de drogue.


Une place forte du trafic de drogue


L'un des objectifs principaux des pouvoirs publics est en effet de lutter contre le trafic de drogue. A la Castellane on recrute grands et petits dealers, guetteurs et nourrices.

Des tirs de Kalachnikov sur des policiers le jour-même d'une visite de Manuel Valls, en février 2015, ont encore renforcé l'image de violence associée à la cité.

Les habitants ont une très belle vue, on leur dit souvent. Mais ça n'est peut-être pas suffisant.
Les habitants ont une très belle vue, on leur dit souvent. Mais ça n'est peut-être pas suffisant. © Maxppp


Les enfants sont livrés à eux-mêmes

À la Castellane, la PMI (Protection maternelle et infantile) est fermée depuis plusieurs mois, un habitant sur deux a moins de 25 ans, la même proportion est sans diplôme. 
"Il n'y a pas de boulot, c'est très très dur d'en trouver", se désespère Lyes Choulak, responsable de l'association Second souffle, qui dit de ne plus avoir les moyens pour "récupérer les jeunes et les aider à s'intégrer".

Ils n'ont pas accès à la culture, pas de médiathèque, pas de bibliothèque. Les enfants sont livrés à eux-mêmes à partir de 16 h 30", complète Chadly Karamane, qui donne des cours d'arts martiaux dans la cité.


Le Dr Amina Zemerli-Touati, l'un des trois derniers généralistes de la Castellane, voit "les problèmes sociaux exploser". Elle ne compte plus les cas d'asthme à cause, rapporte-t-elle, des moisissures dans les logements, les enfants qui se blessent en jouant avec des pierres, faute d'aire de jeu digne de ce nom...

"Le premier problème de la Castellane, c'est la pauvreté", confirme Fathi Bouaroua, qui dirige la Fondation Abbé Pierre dans la région Paca.


La réputation de la cité fait fuir ceux qui pourraient y être logés, et malgré un taux de vacance des appartements relativement bas, les nouveaux arrivants sont toujours plus pauvres.

La réhabilitation est en route. Espérons qu'elle changera le visage de cette cité.


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