Marseille : “Elle a le droit de vivre ” disent les parents de Marwa, lourdement handicapée

Safa, la soeur jumelle de Marwa, dans les bras de leur père. / © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Safa, la soeur jumelle de Marwa, dans les bras de leur père. / © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Marwa, un bébé lourdement handicapé dont les proches luttent contre la préconisation de l'hôpital marseillais de La Timone d'arrêter les soins, "a le droit de vivre", a déclaré samedi le père de l'enfant, deux jours après une audience au Conseil d'Etat, assurant "accepter" son état. 

Par AFP / ND

"On sait qu'elle va avoir un handicap lourd. Nous, on accepte son handicap, elle a le droit de vivre parce que quand je regarde dans ses yeux, elle nous montre qu'elle est là, elle s'accroche", a déclaré Mohamed Bouchenafa au cours d'une conférence de presse, quelques heures avant une marche prévue à Marseille.


"Elle me dit "Papa, ne me lâche pas", et moi je ne lâche pas ma fille, je vais aller jusqu'au bout". "Je lui ai ramené sa soeur récemment, il y a 3 jours, quand elle a vu sa soeur elle a commencé à bouger, cligner des yeux et tout, elle est là, elle le montre", a poursuivi Mohamed Bouchenafa, qui publie régulièrement sur Facebook des vidéos de sa fille de 15 mois.

"Au lieu de passer du temps avec notre fille, on court les tribunaux"

"Ca s'est bien passé au Conseil d'Etat, en espérant qu'ils prennent la bonne décision pour Marwa parce que là on est fatigués. Au lieu de rester avec notre fille, on court aux tribunaux à Marseille, à Paris, c'est trop pour nous. J'espère que c'est la dernière... J'espère...", a-t-il ajouté.
"On a reçu beaucoup de mail de médecins à l'étranger, des neurologues par exemple aux Etats-Unis, à Washington, à Berlin, en Italie, en Belgique... Ils 'intéressent
au cas de Marwa et même ils ont le dossier de Marwa et dans les mois à venir, on va avoir des rendez-vous pour la petite Marwa", a-t-il aussi assuré.
"Quand (les médecins) parlent d'acharnement, je leur dis "Pourquoi s'acharner à la débrancher ?"

Au bout de trois semaines, ils ont commencé à nous mettre cette idée dans notre cerveau alors que suivant l'IRM son cerveau il est intacte, complètement intacte, très très bien, aucune séquelle, c'est une petite partie du cervelet (qui est touchée)", a aussi déclaré Mohamed Bouchenafa.
 

La petite Marwa, âgée de 15 mois. / © "AFP PHOTO / FAMILY PHOTO" - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
La petite Marwa, âgée de 15 mois. / © "AFP PHOTO / FAMILY PHOTO" - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Jeudi, une audience a huis clos a eu lieu devant le juge des référés du Conseil d'Etat sur le cas de Marwa, admise à l'hôpital de la Timone le 25 septembre 2016 pour un virus foudroyant. Le 4 novembre, l'équipe médicale avait décidé d'arrêter le traitement thérapeutique et de débrancher l'appareil respiratoire maintenant l'enfant en vie. Les parents s'y étaient opposés et avaient saisi la justice. L'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) conteste la décision du tribunal administratif de Marseille qui a ordonné le 8 février, comme le demandaient ses parents, la poursuite des soins de Marwa.


Le reportage sur la marche de soutien aux parents de Marwa :

Marche de soutien aux parents de Marwa
200 personnes se sont rassemblées à Marseille pour soutenir les parents de la petite Marwa. Ce bébé est plongé dans un coma artificiel depuis 4 mois. Son sort est désormais entre les mains du Conseil d'Etat qui ordonnera ou pas la poursuite des soins. La décision sera connue cette semaine. Les parents militent pour le maintien en vie de l'enfant. Intervenante : Anissa Bouchenafa, Mère de Marwa. Reportage de Valérie Chénine et Xavier Schuffenecker.





Sur le même sujet

Incendie à la Bastidonne

Près de chez vous

Les + Lus