Le premier thé des ex-Fralib dans les supermarchés

Chez Scop TI, le secrétaire général de la CGT et le nouveau directeur général délégué de la coopérative ouvrière / © Photo AFP
Chez Scop TI, le secrétaire général de la CGT et le nouveau directeur général délégué de la coopérative ouvrière / © Photo AFP

Ils ont attendu la visite du secrétaire national de la CGT Philippe Martine, pour annoncer la bonne nouvelle : les ex-salariés en lutte de Fralib lancent leur premier thé dans le commerce dès septembre. Leur coopérative Scop-TI est le résultat de leur combat contre leur ancien patron Unilever.

Par Ghislaine Milliet

Les produits de la coopérative de production Scop-TI, lancé par les ex-salariés en lutte de Fralib, arriveront dans les rayons des supermarché "fin septembre, début octobre". Les responsables ont fait cette annonce lors d'une visite du secrétaire national de la CGT Philippe Martinez sur le site.

"Réponses favorables des grandes enseignes"

Olivier Leberquier, ancien délégué syndical CGT des Fralib, aujourd'hui directeur général délégué de la société coopérative ouvrière provençale de production (Scop.Ti), a indiqué que la société avait reçu "des réponses favorables de toutes les enseignes" de grande distribution, soit au niveau régional, soit au niveau national.
"Nous avons déjà rempli avec trois d'entre eux les papiers" pour le référencement, a-t-il expliqué.

Dans les rayons des supermarchés

Symboliquement, le premier magasin approvisionné, mi-septembre, devrait être le supermarché Auchan d'Aubagne, que les salariés en lutte avait régulièrement "dévalisé" pendant leur longue lutte, retirant des rayons les produits Unilever
 / © Photo AFP
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Pendant quatre ans, après la décision du groupe anglo-néerlandais de délocaliser la production de Gémenos en Pologne, les "Fralib", ex-producteurs des thés Lipton et infusions de l'Eléphant, étaient devenus le symbole du combat contre les délocalisations, veillant jour et nuit sur leurs machines et multipliant les actions d'éclats pour médiatiser leur conflit.

En mai 2014, après avoir fait annuler en justice plusieurs plans de sauvegarde de l'emploi (PSE), ils avaient réussi à arracher à Unilever un accord de fin de conflit, d'un montant total de 19,26 millions d'euros pour pouvoir monter leur
projet, y investissant toutes leurs indemnités de licenciement.
Depuis, ils ont monté la coopérative et lancé une marque, "1336", correspondant au "nombre de jours de lutte" avec Unilever.
La coopérative, qui produira à la fois pour les marques de distributeurs et pour sa marque propre, table sur 250
tonnes de production la première année pour un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros environ.
Elle compte déjà 27 salariés en CDI, avec 3 embauches supplémentaires d'ici fin 2015 et 14 dans la première moitié de 2016. D'ici trois ans, Scop-Ti vise une production de 650 tonnes.
"Seuls le commercial et le marketing sont externalisés", ont souligné les responsables de la coopérative, organisée autour d'une l'assemblée générale des 58 coopérateurs, décisionnaire, d'un conseil d'administration de 11 membres et d'un comité de pilotage de 3 personnes.

"Cette victoire est d'abord celle des salariés, avec l'aide de la CGT"


a salué Philippe Martinez, qui estime que la coopérative est "la démonstration que quand on donne un peu moins de pouvoirs aux actionnaires, quand on privilégie moins, ou pas du tout les actionnaires, on peut avoir des salaires et de la production. C'est un symbole du fait que l'industrie française a de l'avenir", a-t-il poursuivi.

Un nouveau départ

 

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