Briançon : une journaliste suisse interpellée et interrogée par les forces de l'ordre

Contrôle de vitesse de la Brigade mobile
Contrôle de vitesse de la Brigade mobile

Nos confrères du "Temps" dénoncent dans un article les conditions  d'arrestation et d'interrogation de leur journaliste, Caroline Christinaz. Elle effectuait un reportage sur des migrants entrant clandestinement en France depuis l’Italie par le col de l’Echelle, dans les Hautes-Alpes.

Par Sidonie Canetto

 Selon nos confrères  " Le Temps" une de leur journaliste, Caroline Christinaz,  a été interpellée et interrogée par la police française le week-end dernier dans la région de Briançon (Hautes-Alpes). Elle effectuait un reportage sur le passage clandestin de migrants depuis l’Italie vers la France par le col de l’Echelle. elle explique qu'elle avait pris place dans un véhicule d'un Briançonnais qui avait pris en charge des migrants tout comme son confrère de France Culture. 
«En redescendant, à l’entrée du village de Val-des-Prés, un barrage de la gendarmerie nationale a interrompu notre route. Les gendarmes ont inspecté les voitures et demandé nos papiers», raconte Caroline Christinaz.

Elle aurai décliné son identité et présenté sa carte de presse. Les quatre migrants ont été emmenés par les gendarmes. Quant aux deux habitants et aux deux journalistes, ils ont été convoqués le lendemain, dimanche, à la gendarmerie de Briançon.

Deux heures d’interrogatoire


Elle explique s'être rendue à la convocation et avoir été interrogée pendant plus de deux heures. Elle détaille que selon elle , les forces de l'ordre auraient tenté de l'intimider: "Après une heure de questions sur les faits de la veille, les gendarmes m’ont interrogée sur ma vie privée, puis sur mon loyer, mon salaire, mes numéros et soldes bancaires, ma situation fiscale et patrimoniale. Ils m’ont dit vouloir connaître mes capacités financières pour établir le montant de l’amende."

Selon le Code pénal français, les contrevenants risquent de lourdes amendes et des peines de prison, jusqu’à 5 ans. En revanche, le journaliste français, convoqué plus tard, soit le dimanche après-midi, n’a été entendu qu’en qualité de témoin. Il semblerait que l’autorité judiciaire soit intervenue auprès de la gendarmerie de Briançon entre l’audition de la journaliste du Temps et celle de son confrère français de France Culture.

Ce sont des propos diffamatoires

c'est ce que dénonce Raphaël Balland, Procureur de la République de Gap.

 Selon nos confrères d'Alpes 1,  le Procureur de la République de Gap regrette n’avoir appris qu’après les faits cette audition et qui malgré ce qu'avance Le Temps n'était pas là lors de l'audition. Il a précisé à Alpes 1 qu'il s'agit « d'une enquête habituelle. Si l’Officier de Police Judiciaire a estimé qu’il fallait l’entendre, c’est une audition libre. Elle n’a pas été interpellée. Il a jugé qu’il y avait une raison plausible qu’elle ait pu participer à leur entrée sur le territoire ».

« Les journalistes sont des citoyens comme tout le monde »,  a ajouté le Procureur de la République.

Le journal "Le Temps" dénonce une "intolérable attaque contre la presse” avant d'ajouter " Pas besoin d’aller très loin pour constater que les droits des journalistes peuvent être bafoués de la manière la plus crasse"




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