LEGISLATIVES. Gros plan sur la 1ère circonscription des Hautes-Alpes (Gap)

La ville de Gap / © Maxppp/ Serge IMBERT
La ville de Gap / © Maxppp/ Serge IMBERT

12 candidats se présentent au premier tour des élections législatives dans la 1ere circonscription des Hautes-Alpes le 11 juin prochain. La député sortante socialiste, Karine Berger, brigue un deuxième mandat.

Par Annie Vergnenegre

Ces trente dernières années, la 1ere circonscription des Hautes-Alpes a navigué de droite à gauche sans dégagé un réel ancrage d'un côté ou de l'autre. En 2012, elle bascule à gauche avec la socialiste Karine Berger qui se présente à un deuxième mandat. Le contexte est porteur pour la gauche qui réalise cette année le grand chelem dans le département avec l'élection du PRG Joël Giraud à Briançon.

En 2017, le chamboulement de la présidentielle devrait laisser des traces et le FN va tenter de se faire une place de choix sur un territoire où il a jusque-là eu du mal à s’implanter.

La députée sortante de 44 ans, soutien de Vincent Peillon à la primaire socialiste, a pour handicap le score local de Benoît Hamon à la présidentielle. Ce dernier a terminé à 5,9 % sur le département et 6,7 % à Gap, dans la moyenne nationale. Karine Berger doit miser sur un effet de proximité pour l’emporter.
Militante au PS depuis 2000, polytechnicienne, économiste, elle a participé à l’élaboration du programme économique de François Hollande. Elle se serait bien vu ministre de l’économie sous son quinquennat. Sa notoriété est bonne dans les Hautes-Alpes dont est originaire la famille de sa mère. Mais Karine Berger reste sur un échec aux départementales de 2015, à Gap 2. Elle n’avait recueilli que 49 % contre 51 % à la droite.

A noter que  dans le classement des députés les plus influents établi cette année par Rumeur Publique, qui évalue la capacité de ces derniers à faire vraiment entendre leurs positions, aussi bien de façon directe à l’Assemblée qu’indirecte (presse et réseaux sociaux), Karine Berger se classe 5e.

La droite derrière une filloniste


Après quelques hésitations, la droite se présente unie derrière la filloniste Catherine Asso, 5e adjointe à la ville de Gap. Elle n’avait pas été investie par LR en premier lieu mais qui a été finalement préférée à Corinne Chanfray après victoire de François Fillon à la primaire.

Mais pour Karine Berger le danger vient moins de sa droite que de sa gauche. Jean-Luc Mélenchon a fait 21 % au premier tour de la primaire dans le département. Une poussée qui pourrait profiter à la candidate investie par la France insoumise, Eléonore Flandin, 35 ans, jamais encartée et novice en politique. Elle est cuisinière en hébergement touristique à Orpière.

Le PCF lâché par CC


Autre prétendant, à gauche, le Gapençais Pierre Villard, 53 ans, investi par le PCF. Principal adjoint de collège, il avait été tout d’abord présenté comme le candidat de la « Convergence citoyenne », mais cette dernière s’est retirée pour ne pas gêner la candidate de la France Insoumise.

Malgré la montée du Front au niveau national, ses idées ne parviennent pas à convaincre le plus grand nombre des Haut-Alpins. C'est le département de la région où Marine Le Pen enregistre son plus mauvais score au second tour de la présidentielle (35,9 %).  

Le FN attend son heure

 
Mais le FN attend son heure et Patrick Deroin retiendra pour sa part davantage le score du premier tour qui a placé Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen dans un mouchoir de poche.
Né il y a 65 ans à Paris, ce retraité de la Marine, tient la barre du bateau FN au niveau départemental. Son objectif est de passer le premier tour sur ces terres rétives au discours frontiste. Il n’en est pas à sa première campagne. Il s’était déjà représenté sous l’étiqette FN lors des élections départementales en 2011 comme suppléant et en 2015 comme candidat. Il avait été éliminé au premier tour avec 20 % des voix. Patrick Deroin espère sans doute en juin profiter de l'absence d'un candidat Debout la France face à lui pour rassembler plus d'électeurs. 

La République en Marche a investi la conseillère départementale de Gap 1, Pascale Boyer, 51 ans, démissionnaire du PS l’an dernier qui avait apporté son soutien à Emmanuel Macron en pleine primaire de la gauche. Moins connue que Karine Berger, elle devrait comme tous les candidats en Marche profité d'un effet "booster" qui pourrait la porter au second tour.

Les jeux semblent donc plutôt ouverts dans cette 1ere circonscription des Hautes-Alpes et tout dépendra finalement de ce sur quoi les électeurs se baseront pour faire leur choix, l’étiquette, la personnalité ou le candidat qui leur paraîtra le plus apte à relayer les doléances haut-alpines à Paris.

Les autres candidats 


Jean-Pierre Coyret
Chantal Sarrut
LO Boris Guignard
UPR Brigitte Bourg
Jean-Marc Passeron
AEI Marcelle Buchlin-Schwendemann ;

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