Projet de vaccin anti-VIH: le CNRS appelle la société Biosantech “à ne pas éveiller d'espoir infondés”

Tubes de prélèvement / © Maxppp
Tubes de prélèvement / © Maxppp

Le CNRS a demandé à la société Biosantech, qui développe un projet de vaccin contre le VIH, à "ne pas éveiller d'espoirs qui se révèleraient infondés". Le CNRS a également souligné qu'il n'avait plus de relations avec les recherches de cette entreprise niçoise.

Par Marc Civallero avec AFP

Depuis 2012 la société Biosantech, une start-up niçoise qui travaillait en partenariat avec le chercheur du CNRS Erwann Loret sur un vaccin curatif contre le sida, testé sur des patients séropositifs à Marseille, a affirmé en début de semaine que la phase IIa de son essai clinique avait donné des "résultats exceptionnels". La société Biosantech a présenté son projet comme "le seul espoir tangible de vaccin curatif du sida, à un stade aussi avancé"Elle affirme aussi que la phase suivante de l'essai clinique IIb est "en préparation", et accuse le CNRS d'avoir fait une "injonction immédiate" au Dr  Erwann Loret pour qu'il arrête ses recherches.
(la phase II d'un essai clinique consiste a évaluer la dose optimale d'un médicament et à déterminer ses éventuels effets secondaires . Cette phase est subdivisée en deux , IIa et IIb . La phase IIa estime l'efficacité d'une dose thérapeutique sur un nombre limité de malades , la phase IIb estime la dose sur une plus grande échelle.)


Dans un communiqué commun, le CNRS, l'université d'Aix-Marseille et l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille affirment n'avoir "à ce jour, connaissance d'aucun projet d'essai clinique de phase IIb ou ultérieure portant sur un vaccin thérapeutique contre le VIH. Le développement et l'essai de possibles produits de santé s'inscrivent dans des cadres juridiques stricts, afin de protéger les patients et de garantir la confiance du public dans le système de soins, sur un sujet aussi grave il est nécessaire de s'exprimer avec mesure et objectivité, afin de ne pas éveiller d'espoirs qui se révèleraient infondés".

Concernant le Dr  Erwann Loret, le CNRS explique lui avoir demandé "de ne pas participer"à la conférence de presse organisée ce mardi à Nice par Biosantech. Le chercheur n'a pas souhaité s'exprimer.

De son côté, l ANSM, l'Agence du médicament, qui doit autoriser tout essai clinique sur l'être humain en France, a confirmé n'avoir "à ce jour (...) pas reçu de demande d'autorisation préalable nécessaire à la reprise de la deuxième partie de cet essai". En outre, fin 2014 l'ANSM a menée une inspection de Biosantech, une inspection qui a permis, selon l'Agence, "d'identifier des défaillances au niveau de la maîtrise, la vigilance et du pilotage de l'essai",


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