Affaire Karachi: la justice dira le 14 novembre si François Léotard a menti sous serment

François Léotard, le 24 mars 2014. / © MAX PPP
François Léotard, le 24 mars 2014. / © MAX PPP

François Léotard, ancien maire de Fréjus et ancien député du Var, a t-il menti à la justice quand il a été entendu pour une affaire qui remonte à l'époque où il était ministre de la justice ? Retour sur l'affaire Karachi.

Par AFP

La cour d'appel de Paris dira le 14 novembre si elle estime que François Léotard a menti sous serment lors de son témoignage en 2011 devant le juge d'instruction chargé d'enquêter sur l'attentat de Karachi.
L'enquête a été ouverte en 2013 à la suite d'une plainte déposée par des proches de victimes françaises de cet attentat dans lequel quinze personnes ont été tuées le 8 mai 2002, dont onze ouvriers de la Direction des constructions navales (DCN).

Un faux témoignage selon les plaignants

Selon les plaignants, représentés par l'avocat Olivier Morice, François Léotard, 75 ans, ministre de la Défense de 1993 à 1995 sous le gouvernement d'Édouard Balladur, a "effectué un faux témoignage lors de son audition" par l'ancien juge antiterroriste Marc Trévidic "le 31 janvier 2011 alors même qu'il était entendu en qualité de témoin ayant prêté serment".

En juillet 2016, la juge d'instruction avait ordonné un non-lieu, estimant, d'après la source proche du dossier, que comme l'enquête "n'avait pas abouti à l'exercice de poursuites" contre François Léotard, on ne pouvait à ce stade l'accuser d'avoir menti. Les parties civiles avaient fait appel.

Une mise en examen qui change tout


"Mais, depuis ce non-lieu, la donne a totalement changé", a relevé Maître Morice puisque "François Léotard a été mis en examen début juillet" dans l'autre enquête Karachi, son volet dit financier, dans laquelle des juges s'interrogent sur un possible financement illicite de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995 via
des rétrocommissions sur les contrats d'armement.

La cour de justice saisie


L'ex-responsable politique y est poursuivi, tout comme Edouard Balladur, pour "complicité d'abus de biens sociaux" par la Cour de justice de la République, seule habilitée à juger des délits commis par des membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions.
La justice travaille sur l'hypothèse selon laquelle l'attentat aurait été commis en représailles à l'arrêt par la France du paiement de commissions liées à des contrats de vente d'armes de la France à l'Arabie Saoudite (Sawari II) et au Pakistan (Agosta), signés sous le gouvernement Balladur.
C'est en creusant cette piste que les magistrats ont acquis la conviction que les comptes de campagne d'Edouard Balladur avaient été en partie abondés par des rétrocommissions illégales.

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