La mythique Calypso du commandant Cousteau va revenir en Méditerranée

La Calypso aujourd'hui dans un hangar des Chantiers Piriou à Concarneau dans le Finistère. / © Monique Le Hars
La Calypso aujourd'hui dans un hangar des Chantiers Piriou à Concarneau dans le Finistère. / © Monique Le Hars

La Calypso, mythique navire océanographique du commandant Cousteau, à l'abandon depuis 2007 dans un port breton, sera remise en état afin de pouvoir naviguer à nouveau et reprendre sa mission d'ambassadrice des océans, a annoncé jeudi son propriétaire, L'Équipe Cousteau.

Par @annelehars

"Nous travaillons à sortir le bateau de Concarneau (Finistère) dans les trois mois. Notre objectif est de faire réparer le navire complètement et qu'il renavigue pour être l'ambassadeur des océans comme le voulait le commandant", a indiqué à l'AFP l'Équipe Cousteau, confirmant une information du quotidien Ouest-France. 

"Nous estimons qu'il faudra 12 à 18 mois pour pouvoir faire naviguer la Calypso", ajoute l'association présidée par Francine Cousteau, seconde épouse du célèbre explorateur, après avoir diffusé l'information sur son site et Facebook. 

Frise chronologique de la Calypso réalisée par l'Equipe Cousteau :

En janvier 1996, un an avant le décès du commandant Cousteau, le navire avait fait naufrage à Singapour. Remis à flot, il avait rejoint en 2007 le port de Concarneau, où il devait être restauré.

Dans un hangar depuis 2007

Cependant, sa remise en état avait été interrompue en 2009 en raison d'un désaccord sur la nature et le montant des travaux entre le chantier naval Piriou et L'Équipe Cousteau. En décembre 2014, la justice avait rendu un arrêt obligeant l'association à déménager la Calypso avant le 12 mars 2015 et à payer à Piriou le solde de travaux dû, soit près de 300.000 euros.

L'Équipe Cousteau avait ensuite laissé entendre que le navire pourrait être exposé à Monaco, sur l'eau ou à sec, tandis que le chantier naval
menaçait de vendre le navire aux enchères. 
"Finalement, l'Equipe Cousteau a réussi à mettre autour d'une même table des mécènes internationaux généreux et très motivés", précise l'association. "Lorsque Calypso reviendra en Méditerranée, elle sera navigante et propulsée par ses propres moteurs, comme le souhaitait le commandant Cousteau", ajoute Francine Cousteau sur le site de l'association. 
La Calypso à sec / © Olivier Bernard
La Calypso à sec / © Olivier Bernard

'Sur tous les océans du globe'

Cette dernière a précisé à l'AFP avoir contacté "les opérateurs possibles pour ce chantier", sans donner plus de détails.

Le responsable du chantier brestois du Guip, spécialisé dans la restauration et la construction de bateaux en bois traditionnels, Yann Mauffret, un temps en discussions avec l'Equipe Cousteau en vue de la restauration du bateau, a assuré à l'AFP ne pas avoir été retenu et dit craindre que le navire parte à l'étranger. "Je pense qu'il ne sera pas restauré en France", a-t-il indiqué, disant regretter "terriblement" une telle décision, en raison notamment de "l'attachement de la France à l'histoire du commandant Cousteau".

L'Équipe Cousteau a précisé à l'AFP qu'une conférence de presse aurait lieu dés que tous les éléments du calendrier relatif à la restauration du navire auront été fixés.
© Archives MaxPPP
© Archives MaxPPP
Le navire, dont seule la proue, débarrassée de son nez, est visible depuis l'extérieur du hangar qui l'abrite, devrait quitter le port de Concarneau à bord d'un cargo, toute autre alternative étant difficilement envisageable.
Le chantier Piriou a assuré de son côté dans un communiqué qu'il fera "tout son possible pour permettre le retrait de la Calypso du hangar dans les meilleures conditions", disant cependant ne pas avoir été informé de ce projet de retrait du navire au cours du premier trimestre. Il a confirmé en revanche avoir reçu en décembre les sommes dues par l'association.
L'ancien dragueur de mines d'une quarantaine de mètres construit en 1942 aux États-Unis, avait fait naufrage à Singapour en janvier 1996, un an avant le décès du commandant Jacques-Yves Cousteau. 

Celui qui dénonçait inlassablement "un pillage, un viol honteux des mers, né d'une conception erronée du progrès", avait sillonné à partir de 1950 et pendant plus de 40 ans à bord du navire les océans du globe pour réaliser des films sur les fonds marins, qui ont fait le tour du monde.
 - avec AFP -

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Archives sujet 27 février 2017

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