Camaret : le maire FN fait retirer les affiches de "La belle saison"

Le maire Front national de Camaret-sur-Aigues (Vaucluse) a fait retirer cette semaine l'affiche du film de Catherine Corsini "La belle saison",qui raconte une histoire d'amour entre deux femmes, jugeant les scènes érotiques
"choquantes".

Izia Higelin et Cécile de France dans "La belle saison" de Catherine Corsini
Izia Higelin et Cécile de France dans "La belle saison" de Catherine Corsini © Photo Pyramide Films
L'histoire de "La belle saison", dernier film de Catherine Corsini, n'a pas convenu au maire FN de Camaret-sur-Aigues Philippe de Beauregard, qui a fait retirer les affiches cette semaine du hall de la mairie. 
C'est l'association Cinéval qui a découvert cette situation, en début de semaine.

Un film "pas compatible avec ses idées"

Aucune mention de la projection du film, qui raconte l'histoire d'amour entre une Parisienne et une provinciale sur fond de création du Mouvement de libération de la femme dans les années 1970, ne figurait non plus sur le site internet de la commune de 4.600 habitants.
Philippe de Beauregard, "nous a dit que ce film n'était pas compatible avec ses idées, que certaines scènes étaient choquantes, et qu'il ne voulait pas faire la promotion de ce film", a expliqué Christophe Ricard, le directeur de Cineval,
cinéma itinérant qui propose des films dans une vingtaine de communes du Vaucluse.

"J'ai vu le film, (qui) est émaillé de scènes érotiques en gros plan, je n'ai pas voulu en faire la promotion avec les moyens municipaux"


a confirmé Philippe de Beauregard.
"J'ai utilisé ma liberté d'expression pour avertir les parents qu'à mon sens ce n'est pas un film pour les enfants", a-t-il ajouté.

"L'histoire aurait concerné un couple d'hétérosexuels, j'aurais eu la même réaction"


a précisé le maire frontiste.
Philippe de Beauregard a néanmoins souligné que "la municipalité (n'intervenait) absolument pas dans le choix de la programmation" des films projetés par Cinéval et qu'il n'entendait pas dénoncer la convention qui les liait.
Dans une lettre ouverte au maire, la réalisatrice, soutenue par la Société des réalisateurs, a dénoncé cet "acte autoritaire, intolérable" de "censure".

"A vous en croire, (...) on devrait rhabiller les statues de nues, mettre un voile sur les peintures de Courbet, Manet, Renoir...


(...). Nous devrions aussi interdire les musées à la jeunesse, fermer les salles qui montrent des corps de femmes entre
elles, nus, alanguis, accouplés dans des poses suggestives", écrit-elle, tout en s'interrogeant: "La nudité des corps, dans leur liberté, dans leur beauté et dans leur insouciance face au désir, (...) Est-cela qui vous choque ? Est-ce la caméra qui découvre les poils pubiens d'une actrice, en gros plan comme un tableau, qui vous trouble, ou est-ce de voir deux femmes s'aimer ?"
Selon les organisateurs, la projection a réuni jeudi une centaine de personnes.

"C'est une belle réponse que les habitants de Camaret-sur-Aigues et des villages alentour ont adressée au maire",


s'est réjoui Christophe Ricard.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
cinéma culture politique
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter