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Jean-Noël Guérini renvoyé devant le tribunal correctionnel

Le président du conseil général des Bouches-du-Rhône passera devant le tribunal correctionnel au dernier trimestre 2014 pour "détournement de fonds publics". Jean-Noël Guérini est mis en cause dans une affaire de licenciement abusif. Il est en voie d'exclusion du PS. 

  • Par Karine Bellifa
  • Publié le 26/03/2014 | 13:18, mis à jour le 26/03/2014 | 13:18
Jean-Noël Guérini est accusé par Patrick Mennucci de faire la campagne pour Jean-Claude Gaudin (photo du 2 mars 2013). © BORIS HORVAT / AFP

© BORIS HORVAT / AFP Jean-Noël Guérini est accusé par Patrick Mennucci de faire la campagne pour Jean-Claude Gaudin (photo du 2 mars 2013).

Le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, en voie d'exclusion du PS, a été renvoyé devant le tribunal correctionnel
de Marseille pour "détournement de fonds publics" dans une affaire de licenciement abusif. Information révêlée par notre chroniqueur judiciaire Jena-François Giorgetti.  "Les juges d'instruction ont signé l'ordonnance de renvoi", a indiqué le procureur de la République, Brice Robin.Le procès se tiendra "vraisemblablement au dernier trimestre 2014", a-t-il précisé.

Une démission arrangée

Il est reproché à l'élu, mis en examen en mars 2013 dans cette affaire, d'avoir versé au printemps 2011 des indemnités de plusieurs dizaines de milliers d'euros à son ancien directeur de cabinet, Jean-David Ciot, aujourd'hui député socialiste, lors de son licenciement après neuf années passées au conseil général.M. Ciot est lui renvoyé devant le tribunal pour "recel de détournement de fonds publics". La justice soupçonne une démission arrangée, destinée notamment à permettre au directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini de se présenter aux législatives en 2012, ce que nient fermement les deux hommes.
Reportage de Jean-François Giorgetti

Me Dominique Mattei, qui défend le président du conseil général, a annoncé son intention de faire appel. L'affaire porte sur des indemnités "de 40 à 45.000 euros", selon la même source, un peu plus (environ 65.000 euros) en comptant les indemnités de préavis.

Il ne conteste pas avoir versé les indemnités, comme la loi lui commandait de le faire. Au moment où il le licencie, l'investiture de M. Ciot n'existait pas. Il considère que c'est un litige de droit social et que ça n'a rien à voir avec un détournement de fonds publics"


a argué l'avocat. "M. Guérini a en outre découvert l'affaire a posteriori, c'était un licenciement très ordinaire géré par les services administratifs", a-t-il ajouté.

Accusé de faire campagne pour Gaudin

Jean-Noël Guérini est accusé par les socialistes marseillais de faire campagne dans l'ombre pour le maire sortant Jean-Claude Gaudin (UMP) en cet entre-deux tours de la campagne des municipales. Le sénateur contre lequel le PS a lancé une procédure d'exclusion, a par ailleurs été mis en examen, notamment pour association de malfaiteurs, dans deux autres affaires, dans le cadre d'un vaste dossier de marchés publics présumés frauduleux du département, en lien avec son frère Alexandre Guérini.
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