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Le cinéaste Christophe Honoré ouvrira le Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence

Le cinéaste et metteur en scène Christophe Honoré "fera sa première apparition" l'été prochain au Festival lyrique d'Aix-en-Provence (30 juin-20 juillet) avec "Cosi fan tutte" de Mozart au théâtre de l'Archevêché, alors que le festival ouvre sa billetterie.

  • Par Anne Le Hars
  • Publié le
Le cinéaste et metteur en scène Christophe Honoré. Ici au Festival de Cannes. © VALERY HACHE / AFP

© VALERY HACHE / AFP Le cinéaste et metteur en scène Christophe Honoré. Ici au Festival de Cannes.

Christophe Honoré, créateur prolifique au cinéma comme au théâtre, a mis en scène en octobre 2013 son premier opéra, les "Dialogues des carmélites" de Poulenc à Lyon. Il côtoiera à Aix le Polonais Krzysztof Warlikowski, réputé pour ses mises en scène radicales, qui va monter "Il trionfo del Tempo e
del Disinganno" de Haendel. 

Outre Mozart, toujours grand favori du public, la 68e édition du grand festival lyrique honore Haendel pour la troisième année consécutive et poursuit un cycle Stravinski entamé l'an dernier.


Un Pelléas et Mélisande "sensationnel avec des artistes hors normes", selon M. Foccroulle, sera présenté au Grand Théâtre de Provence,
avec notamment Stéphane Degout, Barbara Hannigan et Laurent Naouri pour le chant, Esa Pekka-Salonen à la baguette et pour la cinquième fois à Aix,
la metteuse en scène britannique Katie Mitchell. 

Le Polonais Krzysztof Warlikowski, familier de l'opéra, met en scène "Le triomphe du temps et de la désillusion" de Haendel, "à travers le point de vue d'adolescentes", explique le directeur.


"On verra les quatre personnages de cet oratorio profane - la beauté, le plaisir, le temps, la désillusion -  à travers le regard d'une vingtaine d'adolescentes qui seront présentes sur scène comme actrices", ajoute-t-il. Le personnage de la Beauté sera chanté par l'étoile montante du chant français Sabine Devieilhe, 30 ans.

"Sabine a fait quelques uns de ses premiers pas à Aix, elle y a chanté le rôle de Serpetta dans +La finta giardiniera+ en 2011, on l'aime beaucoup et on a d'autres projets avec elle", a précisé M. Foccroulle. 

Le metteur en scène américain Peter Sellars reprendra une production de Los Angeles d'il y a quelques années, "Oedipus Rex", d'Igor Stravinski.

- Premier opéra arabe -

Comme tous les ans, le festival se lance dans l'aventure de créations, avec son premier opéra arabe, "Kalila wa Dimna".
"Tous les enfants du monde arabe connaissent Kalila wa Dimna", a souligné M. Foccroulle. Ce recueil de fables animalières, né en Inde au IIIe siècle et repris dans le monde persan puis arabe, a inspiré La Fontaine. 

L'opéra pour cinq chanteurs et cinq musiciens, composé par le chanteur, oudiste et compositeur palestinien Moneim Adwan, sera essentiellement chanté en arabe et parlé en français. Il voyagera ensuite à Bahreïn, en Tunisie, au Liban etc. En France, "Kalila wa Dimna" sera repris à Lille et Dijon.
Autre "petite forme" de 1h20, "Seven stones", composé par le Tchèque Ondrej Adamek sur un livret de l'auteur islandais Sjon, qui a travaillé notamment pour la chanteuse Björk et le cinéaste Lars von Trier, sera donné en création mondiale. 

L'histoire part de la "première pierre, celle qui faillit servir à lapider la femme adultère sauvée par le Christ" et met en scène 4 solistes et 12 chanteurs du choeur Accentus de Laurence Equilbey. 

Bernard Foccroulle, qui a annoncé qu'il ne briguerait pas un quatrième mandat au-delà de 2017, a rappelé le succès de l'édition 2015 (95,3% de fréquentation des opéras) tout en regrettant la polémique suscitée par la version de l'Autrichien Martin Kusej de "L'enlèvement au sérail" de Mozart, propulsé au temps de Daech. 

"J'estime avoir été le plus loin possible dans le respect de la liberté de l'artiste en disant que deux choses n'étaient pas possibles: la décapitation sur scène et le drapeau de Daech", souligne-t-il. Les deux scènes ont été enlevées à sa demande.


Bernard Foccroulle a déploré que l'oeuvre donne "une vision cliché d'un Orient archaïque, inculte et agressif (...) caricature des réalités contemporaines". "C'est la dernière chose dont nous avons besoin aujourd'hui". - avec AFP - 
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