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4 ans de prison requis contre l'infirmière soupçonnée de frauder la Sécurité Sociale

4 ans de prison ont été requis hier contre une infirmière de Vaulx-en-Velin soupconnée d'avoir fraudé pendant 5 ans la Sécurité Sociale. On lui reproche d'avoir multiplié les demandes de remboursements indûs dans le cadre d'un système organisé de surfacturation. Jugement le 17 Mars.

  • Par Philippe Bette
  • Publié le 13/02/2016 | 10:39, mis à jour le 15/02/2016 | 10:09
© MAx PPP

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Mme Horia Cherfa a-t-elle délibérément triché avec la Sécurité Sociale ou était-elle simplement une infirmière tellement douée qu'elle pouvait se démultiplier sans compter ses heures ? Quoi qu'il en soit, l'infirmière de Valux-en-Velin, âgée de 55 ans, comparaissait hier devant la justice pour avoir entre 2009 et 2014, percu pour plus d'un million d'euros de prestations, dûment versées par la Caisse Primaire d'Assurance Maladie du Rhône.

Un système qui est apparu frauduleux aux contrôleurs dans la mesure où il aurait fallu, selon la CPAM, des journées de 55 heures pour justifier une activité aussi soutenue. La ficelle était un peu grosse : des actes fictifs ou facturés plusieurs fois, des surfacturations qui ont permis à l'infirmière d'en tirer des revenus mirobolants. Les enquêteurs ont ainsi pu découvrir que l'infirmière disposait de... 18 comptes bancaires et d'un crédit courant de 885 000 euros. Elle possédait par ailleurs un patrimoine immobilier conséquent, pas moins de sept appartements achetés à crédit.  

L'infirmière a fait valoir, pour sa défense, qu'elle travaillait beaucoup au point de négliger sa famille et de ne plus dormir que quatre heures par jour "pour se consacrer aux patients". Une belle abnégation qui n'a pas convaincu le procureur de la République pour qui il s'agit là "d'un monument de mauvaise foi". Il s'agissait bien selon lui d'un système de fraude caractérisé, qui justifie une peine exemplaire : 4 ans de prison, confiscation des biens et une amende de 300 000 euros. Le jugement a été mis en délibéré. Le jugement sera rendu le 17 mars.

Le journal le Progrès, qui consacre un large dossier à cette affaire, revient sur les dernières escroqueries impliquant ces derniers mois un ambulancier, un médecin généraliste, un taxi et un simple particulier. Selon nos confrères, citant une source judiciaire, la fraude aurait dépassé les 5 millions en 2015 dans le Rhône.        
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