3 solutions pour être un parent écolo

Chaque année en France, on dénombre près de 800 000 naissances. Mais avec les enfants, ce n’est pas toujours facile de faire les bons choix pour la planète. Voici trois bons plans, à Nantes et Montpellier,  pour concilier vie de famille et écologie.

Prés de 800 000 enfants naissent chaque année en France.
Prés de 800 000 enfants naissent chaque année en France. © FTV
Tremblant comme une feuille à la sortie de la maternité, vous serrez dans vos bras ce petit être qui vient d’arriver. Félicitations, vous venez d’être parents ! Mais, dans un coin de votre tête, vous voyez déjà s’accumuler les couches, les vêtements et les jouets... On a la solution ! l'émission qui fait le tour de France des initiatives écologiques et citoyennes vous propose trois idées pour laisser à votre enfant un monde plus propre.

 


La vie de Laëtitia a changé avec l’arrivée de sa fille. En 2018, cette maman écolo a pris conscience du nombre de couches qu’elle jetait lorsqu’elle changeait son bébé. Comme 1% des Français, elle est passée à la couche lavable. “ Quand j’ai commencé, tout mon entourage ne connaissait pas. Ça les intriguait, ils venaient voir comment je langeais ma fille” explique la jeune nantaise. 

De ce constat personnel, Laëtitia Geneste décide de se reconvertir dans une carrière originale. En janvier 2019, elle crée l’Atelier des Langes, un service de location de couches lavables pour bébés.   
 

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Depuis le milieu du siècle dernier, les couches à usage unique se sont imposées auprès des parents. Pourtant, elles génèrent beaucoup de déchets : près de quatre mille couches sont jetées de la naissance à l’acquisition de la propreté d’un enfant. 

“ En France aujourd’hui, on ne sait pas traiter ces déchets. Il commence à y avoir des essais en Chine et en Italie, mais ici, il sont systématiquement incinérés” explique Laëtitia. “ En plus des rejets toxiques pour l’environnement, ces couches sont faites de ressources naturelles difficilement renouvelables : de la cellulose issue du bois, du plastique pour les scratchs…”
 
Plus écologiques que leur version jetable, les couches lavables se sont adaptées au fil des années. Loin des langes des années cinquante, elles sont devenues plus fiables, avec des systèmes imperméables et plusieurs niveaux de protection. Dans cette vidéo diffusée sur France 5, la journaliste démontre qu’elle sont aussi faciles à utiliser.
 
“Je sentais beaucoup d’a priori : des idées reçues sur tout ce qui est question de fuites, d’odeurs, de saleté. Mais quand on le pratique, il n’y en a pas vraiment” reprend Laëtitia. “L’idée de l’Atelier des Langes, c’est de lever tous ces freins.” 

Son service propose des couches en location pour deux euros par mois. Pour tenir sur cette période, il faut une quinzaine de couches, qui s’adaptent à la taille de l’enfant. “La location permet de se rassurer, d’être sûr que cette solution convient. Les parents ont souvent l’impression que ces couches coûtent cher car il faut faire un investissement au début. Mais mieux vaut investir cinq cents euros une seule fois que soixante euros tous les mois pour des couches jetables”.
 Si les couches lavables génèrent moins de déchets, leur entretien consomme tout de même de l'énergie. Dans une étude, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie tempère l'intérêt écologique des couches lavables. Il faut adopter de bonnes pratiques pour leur nettoyage : opter pour des cycles longs, dans des machines adaptées avec une lessive écologique et les faire sécher à l’air libre. "C’est surtout que les autres pratiques ne sont pas compatibles avec des couches lavables. Il ne faut pas les entretenir comme ça car sinon elles s’usent très vite” répond Laëtitia.

Pour optimiser ces protections écologiques et faciliter la vie des parents, elle a mis en place un circuit de lavages des couches pour un euro supplémentaire par mois. Ce chantier de blanchisserie est aussi solidaire, car il est assuré par une structure d’insertion : Oser forêt vivante.
L’ADEME préconise également d’opter pour des couches avec des labels écologique (l’Écolabel nordique, l'Écolabel européen ou le label Global organic textile standard ). Mais si ces certifications garantissent un impact réduit pour la planète, il ne l’est pas forcément pour la santé des enfants. “Le coeur absorbant est constitué de cristaux chimiques qui ont été supprimés des tampons hygiéniques en 1985 car il y a eu des syndromes de choc toxique” assure Laëtitia Gineste.

En janvier 2019, l’Agence de sécurité sanitaire tirait la sonnette d’alarme dans un rapport concernant les couches jetables pour bébé. Et même celles dotées d’un écolabel sont concernées. Parfums, hydrocarbures et même pesticides… Des substances toxiques ont été retrouvées parmi les vingt-trois références analysées. 

Le rapport souligne cependant qu’aucune donnée épidémiologique ne permet de prouver un risque direct pour la santé des enfants. Mais les résultats inquiètent : en juin 2019, des parents soutenus par une association ont saisi la justice pour connaître les marques des couches concernées. Une affaire, révélée par Le Parisien, qui a été portée devant le Conseil d’État.
Dans son local flambant neuf de la banlieue de Montpellier, Marie-Aude Lenoir repasse des piles de vêtements pour enfants. Cintre à la main, elle range méticuleusement des pantalons en rayon. 

Cette ancienne professionnelle spécialisée dans l’agencement des boutiques en avait marre de pousser les clients à la surconsommation. Au début du mois de septembre, elle a donc créé Troc Mode Kids : une boutique de réemploi des vêtements pour enfants.
 
“ Mes enfants grandissaient et j’achetais toujours trop de vêtements” explique cette maman engagée. “Quand ils sont tout petits, il faut racheter des habits tout les mois, puis ensuite c’est au moins deux fois par an. Je n’avais pas le temps de les user." Pour éviter que tous ces jeans, pulls et basquettes ne finissent à la poubelle, elle collecte les vêtements trop petits sur les parkings des écoles et dans sa boutique. Les dons sont récompensés par des “boutons”, qui offrent des réductions sur les vêtements qu'elle propose en ligne.  Et les vêtements en mauvais état sont utilisés pendant des ateliers de couture, animés par Marie-Aude.   
Les boutons récompensent les dons en réductions sur l'achat de nouveaux vêtements.
Les boutons récompensent les dons en réductions sur l'achat de nouveaux vêtements. © Regis Rafin

Un moyen de réduire ces déchets textiles et d’enrayer la surconsommation de vêtements. Entre 2000 et 2014, leur production a doublé dans le monde. Sachant que pour produire un simple t-shirt en coton, il faut plus de 2 700 litres d’eau et 150 grammes de produits chimiques, on comprend que l’industrie de la mode soit l’une des plus polluantes de la planète

Conteneurs, déchetteries, boutiques ou recycleries… Des solutions existent pour valoriser les fripes. Selon Eco TLC, l’organisme qui gère les déchets textiles, il y aurait 45 000 points de dépôt en France. Le relais, un réseau d’entreprise qui collecte ces apports en est l’un des exemples les plus connus. Comme la plupart des entreprises de la filière, cette structure a un rôle d’insertion. Les textiles sont triés et 61 % d’entre eux sont réutilisés.
 
Ces vêtements d’occasion sont revendus à des associations ou des grossistes. Mais en 2018, 130 000 tonnes ont été exportées à l’étranger, dont près de la moitié vers le marché africain, déjà bousculé par les importations de textile chinois neuf. 


Il faut trouver une solution locale pour le textile, car ça va être comme le plastique, on ne pourra plus s’en débarrasser incognito. 


C’est pourtant ce qu'ont fait certaines grandes enseignes pendant des années. D’après une enquête, menée entre juin et octobre 2017 par les journalistes danois de l’émission Opération X, le géant de la mode H&M aurait brûlé près de douze tonnes de vêtements invendus par an depuis 2013 dans un centre d’incinération près de leur principale usine de fabrication. Selon un communiqué de presse du groupe, il s’agirait cependant uniquement que de vêtements présentant des défauts de fabrication. 

“Le problème des déchets textiles ne sera pas réglé tant que les grosse enseignes achèteront des gros volumes. Ils savent bien qu’ils ne pourront pas tout écouler, mais ça fait baisser les prix “ assène Marie-Claude. En France, la destruction de ces invendus sera peut être bientôt interdite. Le 25 septembre dernier, le Sénat a voté pour le projet de loi contre le gaspillage. Une première lecture favorable à l’idée d’obliger les entreprises à recycler ou donner leurs invendus. 

 


Dans une école du centre-ville de Montpellier, Cyril et Mathieu ont apporté des boîtes de jeux. Les deux comparses sont les créateurs de CLIP IT, un jeu de construction qui réutilise les bouchons usagés.
 

“C’est aux enfants de collecter les bouchons. Nous fournissons les clips pour les assembler. Quatre-vingt-dix pourcents du jeu est déjà chez eux" explique Mathieu Collos, le cofondateur de Waste is more, l’entreprise qui commercialise CLIP IT. Un moyen d’éduquer les enfants au recyclage, dès le plus jeune âge. 
 
Clip It encourage les enfants à récupérer les bouchons.
Clip It encourage les enfants à récupérer les bouchons. © FTV


Leur projet est né en 2014, alors que la Commission européenne pour le développement durable lançait un concours de design autour de la valorisation des déchets. Ces anciens architectes se sont penchés sur la question des bouchons en plastique : dans le monde 470 000 milliards d’entre eux sont produits chaque année. “C’est un déchet qui pose problème. C’est petit et ça se perd : on retrouve facilement des bouchons dans les bouches d’égout, puis dans les océans” reprend Mathieu. 

Pour éviter qu’ils ne finissent à la poubelle, les deux amis ont donc inventé ce jeu éducatif. CLIP IT permet aux enfants de travailler leur représentation de l’espace en modélisant des formes. Vendu aux particuliers, il est surtout utilisé dans plus 5 000 écoles. 
 

Les créateurs du jeu collaborent avec Bouchons d’Amour, une association qui collecte et revend les bouchons pour fournir aux personnes en situation de handicap un accompagnement adapté, comme un fauteuil roulant ou un chien guide pour les personnes malvoyantes. Ces bouchons sont recyclés près de Montpellier pour être transformés en élément du jeu. Ils sont ensuite conditionnés par une structure d’insertion. Un modèle d’économie circulaire que les fondateurs ont à coeur d’expliquer aux enfants avec cette vidéo. 
 
“À chaque fois qu’on fait un atelier, on explique bien comment tout fonctionne” reprend Mathieu Collos. CLIP IT est un exemple de “surcyclage” ou "upcycling": le fait d’offrir une seconde vie à des objets en les détournant de leur usage premier. Mais une fois que les enfants se lassent, Mathieu et Cyril les encouragent aussi le recyclage, en poussant les enfants à rendre leurs bouchons à l’association de collecte. “Ils sont déjà bien au courant sur les question écologique, quand on pose la question dans les classes, 90% d’entre eux connaissent déjà le principe du recyclage.”

En donnant un rôle aux enfants dans la valorisation des déchets, c’est une génération future qu’ils encouragent à moins polluer.
Les jeunes sont d’ailleurs très mobilisés autour de la question climatique, à l’image du mouvement Youth for Climate et de la figure de Greta Thunberg, jeune activiste suédoise devenue l'icône de cet élan. En septembre dernier, des centaines de milliers de jeunes ont défilé partout dans le monde lors de la grève mondiale pour le climat.    
   


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Nous remercions the Island, un espace de coworking dédié aux acteurs de l'ESS du territoire montpelliérain ainsi que la compagnie du café théâtre à Nantes qui ont accueilli nos tournages. 
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