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Et si l'usine de Rio Tinto Saint-Jean-de-Maurienne était nationalisée ?

Les rumeurs de fermeture et de vente du site ont débuté il y a à peu près deux ans.
Les rumeurs de fermeture et de vente du site ont débuté il y a à peu près deux ans.

Dans un article paru sur lemonde.fr ce mercredi 12 décembre, on apprend que des collaborateurs d'Arnaud Montebourg travailleraient sur une éventuelle nationalisation de l'usine Rio Tinto de Saint-Jean-de-Maurienne. Le ministère dément.

Par Céline Aubert

Selon notre confrère Cédric Pietralunga, le cabinet du ministre du Redressement productif en "serait déjà aux travaux pratiques et utiliserait à nouveau cette 'arme de dissuasion massive' dans les négociations qu'il mène actuellement avec l'anglo-australien Rio Tinto, afin de l'obliger à céder dans des conditions acceptables son usine de fabrication d'aluminium de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), menacée de fermeture".

Des informations démenties dans la foulée par le ministère du Redressement productif. 

Il y a quelques jours sur notre antenne, Arnaud Montebourg évoquait rapidement les négociations sans toutefois parler de nationalisation.

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Interview Arnaud Montebourg sur Rio Tinto


A Saint-Jean, on attend


Presque deux ans que les salariés de l'usine d'aluminium savent que l'usine va être vendue. Mais à qui ? Et quand ? Les réponses ne font attendre. Et l'échéance (la fin du contrat EDF) se rapproche. Sur le site de Saint-de-Maurienne, ils sont 600, dans l'attente.

Lors du dernier CCE à Voreppe, le 21 novembre, Rio Tinto Alcan avait déjà annoncé la suppression de 145 emplois en France. Des postes répartis sur les sites de Paris, Voreppe et le laboratoire de recherche de Saint-Jean-de-Maurienne. Mais sur la reprise de l'usine d'aluminium, pas un mot. 

"Officiellement, on n'en est à rien du tout" explique Eric Massat délégué syndical CFDT à Saint-Jean-de-Maurienne. "On se pose toujours les mêmes questions: est-ce que RTA a des repreneurs potentiels ? Où en est le contrat énergétique avec EDF ? Le gouvernement a-t-il des repreneurs alternatifs ? 

Le site aurait reçu la visite de deux repreneurs potentiels. Du coté de la direction, les syndicats racontent qu'un directeur adjoint a été nommé pour se consacrer à la vente du site. Sur un point au moins, RTA se veut clair: sans dossier de reprise, l'usine fermera à échéance du contrat énergétique. C'est-à-dire fin 2013-2014. 

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L'incertitude des salariés de Rio Tinto


Une attente invivable pour les salariés


Pour les salariés, la situation est invivable, l'usine fonctionne au ralenti. Frustrés, inquiets, désabusés, les ouvriers ont du mal à travailler. "Nous avons de réels soucis techniques", raconte Jean-Jacques Truchet, représentant syndical CGT. Et l'annonce du plan social au laboratoire n'a pas arrangé les choses. 

Pierre-Marie Charvoz, le maire de Saint Jean-de-Maurienne, parle de "catastrophe pour la vallée". "Il ne faut pas rater cette reprise", explique-t-il. Selon lui, la fermeture de l'usine mettrait en danger 2 000 emplois directs et indirects. 

Les regards se portent désormais sur les responsables politiques. Les représentants syndicaux devraient être à nouveau reçus par le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, courant première quinzaine du mois de janvier. 

Environ 600 personnes travaillent sur le site de St-Jean-de-Maurienne.
Environ 600 personnes travaillent sur le site de St-Jean-de-Maurienne.


Le cas Saint-Jean-de-Maurienne


Depuis plusieurs mois, Rio Tinto Alcan (RTA) négocie un nouveau contrat d'électricité avec EDF pour l'alimentation de son usine savoyarde, le contrat actuel arrivant à échéance au printemps 2014.

La fabrication d'aluminium est particulièrement consommatrice d'électricité et le groupe a menacé de fermer l'usine s'il n'obtenait pas un prix satisfaisant et ne trouvait pas de repreneur.

Mi-octobre, le géant minier avait dit avoir reçu plusieurs marques d'intérêt de repreneurs et affirmé continuer les discussions avec EDF sur le contrat d'approvisionnement. Le groupe canadien Alcan a racheté l'ex-fleuron français de l'aluminium Pechiney en 2003, avant d'être lui-même absorbé par Rio Tinto en 2007.

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