Aprés Camille, Geneviève de retour chez elle au Puy en Velay

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Aprés Camille,récupérée par ses parents, c'est au tour de Geneviève de réintégrer le domicile familial au terme d'une fugue qui les aura conduites au campement des opposants à l'aéroport de Notre Dame des Landes.

Par Philippe Bette

Après Camille, c'est au tour de Geneviève, la lycéenne du Puy-en-Velay, en fugue depuis le 4 décembre, de rentrer chez elle, a annoncé mercredi soir le procureur de la République de la Haute-Loire, Jacques Louvier.
Geneviève, 16 ans, qui résidait à Notre-Dame des Landes parmi les opposants à la construction de l'aéroport, a retrouvé sa mère mercredi et a décidé de rentrer chez elle en sa compagnie.A son retour, Geneviève devrait être examinée comme Camille avant elle par un pédopsychiatre, a indiqué le procureur.

Sa camarade de lycée et de fugue Camille, 17 ans, avait été récupérée samedi dernier par ses parents sur le site de Notre-Dame des Landes, où les deux jeunes filles,qui se revendiquent des idées anarchistes, avaient décidé de se rendre pour partager le combat des opposants à l'aéroport.C'est Camille elle-même qui avait appelé ses parents pour leur indiquer où elle se trouvait. Rentrée dimanche avec eux au domicile familial de Lesperon (Ardèche),elle avait indiqué aux enquêteurs avoir vécu "une expérience riche" sur le camp de Notre-Dame-des-Landes résidant sous "une yourte collective" grâce aux dons des opposants au projet de construction de l'aéroport.

Malgré les appels de sa mère, Geneviève avait jusqu'alors refusé de faire comme son amie, affirmant encore dans Le Parisien/Aujourd'hui en France mardi qu'elle n'entendait pas rentrer au Puy-en-Velay car elle allait bien et se sentait "heureuse" parmi les opposants au futur aéroport et en accord avec elle-même et avec ses idées.
"Je ne partirai pas (...) Je veux vivre dehors, faire des rencontres inattendues, être libre de mes mouvements", expliquait-elle, demandant à sa famille "de respecter (son) choix"."Ici, on vit en communauté, et ça me plaît. Ensuite, je me reconnais dans le combat des anti-aéroport, un projet qui menace la nature sans être nécessaire. On défend une cause juste", poursuivait-elle.

"Une solution dans l'apaisement"


Camille avait eu dimanche un bref entretien téléphonique avec sa mère pour lui faire part de sa détermination. Sa mère en avait alors appelé à la "compassion" des adultes entourant sa fille pour la convaincre de rentrer chez elle.Ce à quoi, ses hôtes à Notre-Dame-des-Landes avaient répondu n'avoir "pas de pouvoir"."Nous avons réussi à lui faire passer le message qu'il fallait rassurer sa mère.Elle l'a fait et elle l'a appelée", avait expliqué à l'AFP une de leur porte-parole,soulignant qu'elle n'était "pas à la rue, perdue toute seule en France" comme de
nombreux mineurs en fugue.

De leur côté, le Procureur de la République du Puy-en-Velay et le SRPJ de Clermont-Ferrand,chargé de  l'enquête, avaient indiqué que le recours à la force publique pour récupérer la lycéenne fugueuse n'était pas l'option privilégiée et que "l'idéal était qu'elle change d'avis".Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls avait souhaité que le retour dans sa famille de Geneviève se règle "dans l'apaisement", jugeant qu'il serait "dangereux  et d'envoyer des gendarmes" pour la récupérer dans le campement des opposants à l'aéroport. 

Le 4 décembre, alors qu'elles étaient dans leur lycée professionnel Charles et Adrien Dupuy, Camille et Geneviève, deux élèves de première, avaient prétexté une visite à l'infirmerie pour prendre la fuite.Inquiets de ne pas avoir de leurs nouvelles, malgré l'ouverture d'une procédure pour disparition de mineures au commissariat du Puy-en-Velay, les parents des deux jeunes filles avaient écrit au parquet pour que les recherches soient accélérées et que soit autorisée la diffusion de leurs photos dans la presse nationale.
   

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